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Panamá: la pêche sous surveillance satellitaire, une promesse fragile?

Le Panama, riche de ses deux mers, s'équipe d'un centre de surveillance satellitaire pour sa pêche. Une initiative louable, affirment les autorités, mais une récente enquête révèle un décalage inquiétant entre les ambitions et la réalité sur le terrain. L'avenir de ses ressources marines, vital pour l'économie du pays, est-il réellement assuré?

Un centre de pointe pour une meilleure traçabilité

Inauguré à Vacamonte, le nouveau centre de suivi pesquero et de surveillance satellitaire promet une révolution dans la gestion des ressources halieutiques panaméennes. Avec une équipe de 18 fonctionnaires opérant 24 heures sur 24, il ambitionne de contrôler en temps réel l'activité des 500 navires de la flotte nationale, principalement actifs dans le Pacifique. L'objectif est clair : renforcer la traçabilité des captures, pilier essentiel pour l'accès aux marchés exigeants des États-Unis et de l'Europe, où la qualité et la légalité sont des impératifs.

L'Autoridad de los Recursos Acuáticos de Panamá (ARAP) met en avant l'utilisation du VMS (système de surveillance des navires), un dispositif satellital obligatoire pour la flotte industrielle. Selon Eduardo Carrasquilla, administrateur Général de l'ARAP, ce système permet un contrôle précis des positions, des vitesses et des comportements des navires, contribuant ainsi à prévenir la pêche illégale et non réglementée.

La pêche au palangre, une zone d

La pêche au palangre, une zone d'ombre persistante

Pourtant, l'enquête révèle une faille béante : moins de 14% des navires palangriers, soit environ 45 unités, sont effectivement équipés du VMS, malgré un décret exécutif de 2017 rendant ce dispositif obligatoire pour tous les types de navires palangriers. La pêche au palangre, qui représente 80% des exportations de thon et de dorado, est donc particulièrement vulnérable. Ce chiffre, loin d'être rassurant, soulève des questions quant à la réelle volonté politique de mettre en œuvre les mesures annoncées.

Le secteur de la pêche au palangre, avec ses lignes de 1 à 2 kilomètres de long, est particulièrement susceptible de pratiques illégales, mettant en péril la durabilité des écosystèmes marins. La fondation Pacífico, par la voix de Zuleyka Pinzón, souligne que la lutte contre la pêche illégale requiert un effort collectif et ne peut être l'apanage d'une seule institution. Bien que le nouveau centre de Vacamonte soit un pas dans la bonne direction, il ne saurait suffire à garantir une surveillance efficace sans une application rigoureuse de la réglementation.

L'initiative panaméenne, bien qu'encourageante sur le papier, se heurte à des réalités complexes. L’amélioration de la sécurité maritime, illustrée par le récent atelier régional sur le Code International de Gestion de la Sécurité (CIGS), ne doit pas masquer le défi crucial de la mise en conformité de tous les acteurs de la pêche, et notamment des palangriers, avec les normes internationales. Le futur de la pêche panaméenne dépendra de la capacité des autorités à transformer les promesses en actions concrètes, et à garantir une traçabilité totale des captures, avant que les richesses marines du pays ne soient irrémédiablement compromises.