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Panamá : les agriculteurs prennent des risques face aux aléas climatiques

Alors que l'horizon climatique s'assombrit avec la menace grandissante d'El Niño, une proportion alarmante d'agriculteurs panaméens choisit de ne pas assurer leurs récoltes, laissant ainsi leurs moyens de subsistance exposés aux caprices de la nature. Un choix risqué, surtout quand on sait que le phénomène pourrait frapper de plein fouet le pays.

Un taux d

Un taux d'assurance dérisoire face à la menace

Seul 13 % des producteurs agropecuaires ont souscrit une assurance auprès de l'Instituto de Seguro Agropecuario (ISA), selon les chiffres disponibles. Un chiffre minuscule comparé aux 275 143 agriculteurs recensés par le Ministère du Développement Agropecuaire. Ariel Espino, directeur Général de l'ISA, s'attend à une augmentation de l'intérêt pour ces polices, compte tenu des prévisions climatiques préoccupantes concernant le riz et le maïs. Mais la réalité sur le terrain est bien différente.

Les producteurs de la province de Chiriquí, surnommée le grenier à épices du pays, expriment leurs doutes quant à la capacité de l'ISA à leur offrir une protection efficace. Ils soulignent que l'arrivée des pluies favorise l'émergence de parasites, nuisibles pour les cultures. Une situation aggravée par les doutes persistants concernant l'efficacité des mesures de protection proposées.

Le président José Raúl Mulino avait évoqué, en février 2025, une évaluation des activités de l'ISA, mais depuis, le silence règne. La situation est d'autant plus délicate que l'Institut Météorologique du Panama annonce une phase neutre de l'ENOS, même si l'Administration Nationale Océanique et Atmosphérique (NOAA) des États-Unis a émis une alerte concernant La Niña. Des eaux plus chaudes que la normale se manifestent lentement face aux côtes de l'Équateur et du Pérou, un signe qui ne laisse rien présager de bon.

Les modèles internationaux de prévision indiquent une probabilité de 65 % que la phase neutre se maintienne jusqu'à juin, mais cette probabilité augmente à 60-70 % pour le trimestre mai-juillet, laissant présager l'arrivée d'El Niño. Le gouvernement péruvien a d'ailleurs déclaré l'état d'alerte face à El Niño Costero, un phénomène localisé qui provoque des pluies torrentielles et des inondations. Au Panama, l'impact sera plus marqué dans la région de l'Arco Seco, déjà vulnérable à la sécheresse.

La déclaration officielle d'El Niño nécessitera un réchauffement supérieur à +0,5 °C et une persistance de ces conditions pendant au moins cinq mois, mais les signes avant-coureurs sont déjà visibles. Les chiffres de l'International Research Institute for Climate and Society sont clairs : une haute probabilité de conditions neutres est prévue jusqu'à mai 2026, mais El Niño pourrait bien faire son apparition entre juin et août, et persister jusqu'à la fin de l'année.

Face à cette incertitude climatique et à ce manque de couverture, les agriculteurs panaméens sont pris au piège. Leurs récoltes, et leurs revenus, sont en jeu. La question n'est plus de savoir si El Niño arrivera, mais de savoir comment le pays se préparera à en atténuer les conséquences.