Pérou : sánchez surprend, fujimori en tête, la course s'embrase

À huit jours du scrutin présidentiel au Pérou, un nouveau sondage Ipsos vient bousculer les prévisions. Alors que Keiko Fujimori conserve une avance confortable, l'ascension fulgurante de Roberto Sánchez, candidat progressiste, redessine complètement le paysage politique. Un séisme électoral en vue ?

La vague sánchez : un électeur en quête d'alternatives

Le dernier simulacro de vote révèle un bond spectaculaire pour Roberto Sánchez, porté par un débat présidentiel habilement exploité. En moins d'un mois, sa popularité a explosé, passant de 3,2% à 9% des intentions de vote valides. Un chiffre qui propulse le candidat de Juntos por el Perú parmi les cinq premiers, loin derrière la leader Keiko Fujimori (18,6%) mais devant des figures autrefois incontournables.

L'effondrement de César Acuña (Alianza para el Progreso) et d'Alfonso López Chau (Ahora Nación) est tout aussi notable. Ces deux candidats, autrefois en position de force, voient leurs scores dégringoler, signalant un rejet croissant des partis traditionnels. La frustration des électeurs, visiblement en quête d'une alternative crédible, profite à Sánchez, qui incarne une rupture avec le passé.

Fujimori toujours en pole, mais la concurrence se resserre

Fujimori toujours en pole, mais la concurrence se resserre

Keiko Fujimori, malgré une légère progression, ne peut que constater le resserrement de la course. Son avance sur Carlos Álvarez (País para Todos), désormais en deuxième position (12,1%), est loin d'être confortable. Álvarez, grâce à une campagne territoriale intense, notamment dans le sud du pays et les zones minières, semble avoir réussi à mobiliser un électorat mécontent. Les propositions radicales du candidat, comme la peine de mort pour les violeurs, bien qu'hors-la-loi, témoignent d'une volonté de capter le vote des plus inquiets face à l'insécurité.

Rafael López Aliaga (Renovación Popular), autrefois en tête des sondages, subit un recul important, relégué à la troisième place. Le débat a-t-il joué un rôle déterminant dans ce revirement ? L'augmentation du nombre de votes blancs ou nuls (de 30,4% à 17,5%) suggère une certaine confusion et une hésitation persistante chez l'électorat.

Un vote indecis encore clé

Un vote indecis encore clé

Avec une semaine avant le scrutin, le Pérou est au bord de l'incertitude. La mobilisation territoriale et le comportement de l'électorat indecis seront déterminants. La bataille pour le pouvoir s'annonce serrée, et le résultat final pourrait bien réserver de mauvaises surprises. L'élection de 2026 s'annonce comme un véritable test pour la démocratie péruvienne, confrontée à une profonde crise de confiance.