Perú: pareja définit une crise imminente dans les relations avec les états-unis
Le ministre des Affaires étrangères sortant, Carlos Pareja, a semé le trouble en interrogeant le président intérimaire José María Balcázar, à quelques heures de sa prise de fonction, sur la fragilité de la relation avec les États-Unis suite à la menace de rupture du contrat d’achat des avions F-16.
Un contrat au point de blocage, des conséquences potentiellement catastrophiques
Pareja a dénoncé une « séquence de négociations rompue » par le président Balcázar, qui semble prêt à annuler une décision déjà approuvée. Cette volte-face, selon le ministre, pourrait déclencher une crise diplomatique majeure et ternir durablement l’image internationale du pays. Il n’est pas un simple désaccord commercial, mais une question de crédibilité stratégique face à Washington.
Le président Balcázar, fidèle à sa ligne, a justifié son blocage en pointant le retard dans le paiement des engagements, une opération cruciale pour maintenir la confiance de l’administration américaine. L’absence de paiement dans les délais fixés risquerait de mettre en péril l’ensemble du contrat, ouvrant la voie à un redimensionnement de la politique américaine à l’égard du Pérou – une perspective que Pareja juge « délicate » et potentiellement préjudiciable.

L’échec des négociations, un risque de détachement
L’ambassadeur du Pérou aux États-Unis, Bernie Navarro, a souligné le risque d’un « distanciation » en cas d’annulation du contrat, un élément central de la coopération militaire bilatérale. Ce n’est pas seulement une question d’avions, mais une question de dialogue stratégique, rendu plus complexe par l’administration Trump. Pareja, ancien ambassadeur au sein de plusieurs pays européens, évoque un contexte difficile, marqué par des négociations plus ardues que par le passé.
Malgré cette position ferme, le Ministère des Finances a déjà procédé au premier versement de 2 milliards de dollars à la société américaine Lockheed Martin, une action saluée par l'ambassadeur Navarro. Cependant, cette action ne semble pas apaiser les tensions, puisque l'ambassadeur américain a brandi la menace de représailles en cas de non-respect du protocole secret conclu lors de la présidence intérimaire José Jerí (2025-2026). Un accord dont les termes précis restent flous, mais qui pourrait alimenter une nouvelle crise.

La demission des ministres, un symptôme de la crise
Les démissions du ministre des Affaires étrangères et du ministre de la Défense, suite à leurs divergences avec le président intérimaire, témoignent de l’ampleur de la crise. Hugo de Zela, l’ancien ministre des Affaires étrangères, a confirmé que les contrats avaient déjà été signés la semaine dernière, une information qui a été corroborée par Washington. Cette situation illustre une profonde fracture au sein du gouvernement péruvien et met en lumière les enjeux stratégiques liés à la défense du pays.
La situation est désormais tendue. Il ne reste plus qu'à observer la réaction de l'administration Trump et l'impact potentiel sur les relations sino-péruviennes. Un scénario inquiétant, pour dire l’essentiel.