Pressions politiques et secrets de l'affaire guétel : morocho révèle des manœuvres audacieuses

Madrid, le 29 avril. L’ancien inspecteur chef de la UDEF, Manuel Morocho, a livré des témoignages explosifs sur les pressions subies au début de 2013 lors de la mission visant à élucider l’affaire Guétel. Ces révélations remettent en question les versions officielles et mettent en lumière une tentative de dissimulation orchestrée par les hauts responsables.

Un rapport étouffé : les instructions suspectes

Morocho a détaillé comment il avait été chargé de rédiger un rapport sur les documents de Bérčenas, liés à la comptabilité B du PP, et comment il a immédiatement été soumis à des directives contraires. Il a expliqué que ses supérieurs lui avaient instruit à ne pas mentionner le nom de Mariano Rajoy, qualifiant ces documents d’« idée de Bérčenas », dépourvus de crédibilité et d’aucune connexion avec la formation politique pour laquelle il travaillait. L’objectif était, selon lui, de les maintenir hors du champ d’investigation, considérant la comptabilité comme régie par le Tribunal des Comptes et soumise à des procédures établies.

Des injonctions claires : la volonté de dissimuler

Des injonctions claires : la volonté de dissimuler

Lors de l’audition devant la barre, interrogé par la procureure Gloria Pascual, Morocho a confirmé avoir reçu une instruction explicite : supprimer le nom de Rajoy. Il a précisé que cette injonction provenait du commissaire Général, soulignant ainsi la volonté de faire taire toute trace de lien entre l’ex-président et ces documents compromettants. Il a également évoqué une autre situation alarmante : l’interdiction de mentionner Ignacio López del Hierro, alors mari de María Dolores de Cospedal, secrétaire générale du PP.

La peur et le déni : une escalade des tensions

L’introduction du nom de López del Hierro a engendré « un malaise Général dans la hiérarchie », a-t-il déclaré. Son chef de section, Miguel Ángel Cuevas, aurait été incapable de reconnaître son implication dans l’amitié de Lopez del Hierro avec Jos Manuel Villarejo. De même, il a insisté sur le fait qu’il lui avait été interdit de signaler la présence de Cospedal, figure apersonnée dans une compte, révélant ainsi une volonté systématique de dissimulation.

Les limites de l’enquête : un blocage institutionnel

Morocho a souligné les difficultés rencontrées tout au long de l’enquête sur les documents de Bérčenas, notamment l’emploi de termes obscurs comme « comptabilité B ou extracontable ». Malgré l’utilisation de différentes appellations, il a affirmé que ces pratiques correspondaient méthodiquement à des paramètres de « boîte à outils extracontable ». Cette situation a engendré une « faille » dans l’évolution de l’enquête, en raison du non-respect des rapports par la hiérarchie, du chef de section au chef de brigade, en passant par le chef d’unité et le commissaire Général.

Des enjeux financiers et politiques : la manipulation des faits

Il a notamment souligné le problème lié à l'examen des flux financiers, et la difficulté d'établir la corrélation entre les sorties de fonds de la « boîte B » et les paiements de la réforme du siège du PP. Ces pressions et ces manipulations ont constitué une tentative avérée de masquer des opérations financières illégales.

Conclusion : une vérité enfin révélée

L’affaire Guétel, et plus largement les documents de Bérčenas, mettent en lumière une culture de la dissimulation et de la manipulation au sein des institutions. Les révélations de Morocho, bien que douloureuses, contribuent à la transparence et à la nécessité d’une enquête sans compromis pour faire la lumière sur ces pratiques illégales et garantir la responsabilité de tous les acteurs impliqués.