Rocha moya et le cartel de sinaloa : l’amérique débouche ses armes
Les États-Unis accusent le gouverneur de Sinaloa, Rocha Moya, ainsi que d’autres hauts fonctionnels mexicains, d’être liés au Cartel de Sinaloa, et plus précisément à la faction des Chapitos. Une avalanche de charges, publiées sur un ton accusateur, risque de déstabiliser le gouvernement mexicain.
Une enquête aux ramifications profondes
Cette action soudaine de la justice américaine, qui a révélé les noms des individus impliqués, suscite une vive inquiétude au Mexique. Claudia Sheinbaum Pardo, la nouvelle présidente, et la Fiscalía General de la República (FGR) se montrent prudents, exigeant des preuves accablantes avant d’engager toute action. Une posture qui contraste avec la publication des noms par les autorités américaines, suscitant des critiques concernant le respect de la confidentialité.
Ulises Lara López, porte-parole de la FGR, a souligné le cadre de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, qui impose le traitement confidentiel des informations échangées dans le cadre de ces affaires. Une formalité souvent négligée, semble-t-il, au profit d’une volonté de pression.

Le cartel de sinaloa : une cible privilégiée
Selon un ancien chef des opérations internationales de la DEA, Mike Vigil, ces accusations sont étroitement liées à l’activité du Cartel de Sinaloa, et plus particulièrement aux fils de Joaquín Guzmán Loera, surnommé « Chapo ». Vigil nuance toutefois en soulignant que les accusations contre Rocha Moya reposent sur des informations issues de détenus ou de personnes situées aux États-Unis. Une piste qui, selon lui, révèle des liens directs avec le Cartel.
Il est frappant de noter que le Mexique a déjà rendu de nombreux criminels au cartel aux autorités américaines. Cependant, les fils de Joaquín Guzmán Loera ont développé des accords avec les forces américaines, une situation qui complexifie la perspective d’une coopération totale.

Mayo zambada : un acteur secondaire
L’ancien agent de la DEA, Vigil, minimise l’implication d’Ismael « El Mayo » Zambada, un personnage influent du cartel, estimant que son âge avancé et sa santé précaire ne lui offrent aucun motif de collaboration. Il juge que les accusations sont davantage motivées par des considérations politiques que par une réelle préoccupation pour la sécurité, dans le contexte de l’administration Trump. Il est important de souligner que les accusations surviennent après des incidents troublants à Chihuahua, où deux agents de l’Agence Centrale de Sécurité (CIA) auraient perdu la vie. Une coïncidence qui alimente les spéculations sur une possible riposte de l’administration américaine.
Rocha Moya ne sera probablement jugé en Mexico que si des preuves irréfutables sont fournies. L’affaire révèle une tension croissante entre les deux pays, et met en lumière la complexité du combat contre le crime organisé. Il ne s’agit pas d’un simple affront, mais d’une escalade dans une guerre de longue date.
