Rospigliosi : ex-procureur dépose une querelle explosive au jne
L’ex-procureur Victor Goury-laffont dépose une plainte inédite, mettant en cause la légitimité de la candidature du député fujimoriste, Fernando Rospigliosi. L’accusation, formulée sans preuve tangible, suscite une vive controverse au cœur du processus électoral peruano.

Une accusation grave, un contexte politique tendu
La décision de la Déléguée du Collège d’Avocats de Lima, Delia Espinoza, de saisir le Jurado Nacional de Elecciones (JNE) concernant l’exclusion de Rospigliosi, est le point de départ d’une affaire complexe. La candidate, condamnée à neuf mois de prison avec sursis pour diffamation, n’ayant pas vu son sort définitivement scellé, le JNE est appelé à évaluer sa position.
Espinoza souligne l’importance d’une vigilance accrue, rappelant les conséquences potentiellement graves d’une proclamation illégale de candidat. Elle s’appuie sur une décision de la juge suprême Norma Carbajal, qui a reconnu Rospigliosi coupable de diffamation à l’encontre de l’ex-procureur, l’accusant d’avoir décrété sans fondement “alliée du terrorisme et des économies illégales”, des termes injurieux et préjudiciables.
Le JNE, quant à lui, s’est défendu en invoquant le cours normal des procédures, affirmant que l’évaluation de toutes les incidencies est en cours. L’institution, garante de la démocratie, insiste sur la nécessité de garantir l’intégrité du scrutin et de ne pas proclamer de candidats dont les droits n’auraient pas été pleinement vérifiés.
Répétant l’argument central du précédent recours, rejeté par le Jurado Electoral Especial de Lima Centro 2, le JNE pointe du doigt le caractère précaire de la condamnation avec sursis. Seul le prononcé de la sentence définitive permettrait d'évaluer l'éligibilité du candidat. La législation électorale peruvienne impose un délai strict pour la prise de décision, dépassé dans ce cas.
La présentation de la sentence de la juge Carbajal, d’une centaine de pages, renforce la position d’Espinoza. La complexité de la situation exige une réponse rapide et transparente du JNE, afin de préserver la crédibilité du processus électoral. La question demeure : le JNE prendra-t-il la décision impopulaire mais nécessaire d’exclure Rospigliosi, ou laissera-t-il la place à des dérives?
