Séville : une corrida sans éclat malgré des toros exceptionnels de la quinta

La Maestranza de Séville a été le théâtre d'une corrida modeste, voire décevante, qui contraste violemment avec la qualité exceptionnelle des toros de la ganadería La Quinta. Une présentation prometteuse s'est soldée par un spectacle manquant cruellement de profondeur et d'intensité, laissant un goût amer aux aficionados présents.

Une généalogie prestigieuse, un potentiel inexploité

Une généalogie prestigieuse, un potentiel inexploité

Les six toros présentés, issus d'une lignée Santa Coloma réputée, affichaient une perfection physique remarquable : une robe fine, un armazón solide, une force palpable. La Quinta, une ganadería rare sur le circuit des grandes foires, avait mis le cap sur Séville pour démontrer la qualité de son élevage. Et les bêtes, d'un poids homogène et d'une constitution idéale, n'ont pas failli à l'attente, offrant une première impression saisissante.

Pourtant, malgré cette base solide, la corrida a peiné à décoller. Seuls trois toros, le quatrième et le cinquième en particulier, ont véritablement donné envie. Le quatrième, qui a déjà alerté le public dès son entrée en piste avec une charge énergique au capote d'El Cid, possédait une classe et un temple indéniables. Il se déployait avec une ampleur impressionnante, alternant puissance et finesse sur les deux pitons. Mais El Cid, visiblement hésitant, n'a pas su exploiter pleinement le potentiel de cet animal, se contentant d'une faena sans envergure, marquée par un manque de profondeur et un engagement insuffisant.

Le quinto, également issu de La Quinta, a offert un spectacle plus convaincant, bien que son comportement soit apparu plus aléatoire au début. Fortes a su trouver la clé pour le dompter, ouvrant en terre un trasteo d'une qualité intermittente, entre moments de brillance et phases plus incertaines, souvent dues à des problèmes de terrain et de positionnement. Une dernière série de derechazos, galvanisante, a provoqué l'ovation de la Maestranza, mais n'a pas suffi à convaincre le jury de lui accorder l'oreille.

Les autres toros, moins remarquables, ont contribué à un sentiment Général de frustration. José Garrido, malgré une attitude combative, n'a pas su tirer parti des qualités de son opposant, tandis que les deux premiers, d'une classe indéniable mais manquant de fond, ont rapidement perdu de leur vigueur.

L'absence de triomphe des toreros, malgré la qualité du bétail, témoigne d'une performance collective en deçà des attentes. Les applaudissements nourris pour Manuel Jesús Espartaco après avoir bravé le quatrième toro et les banderilles de El Víctor n'ont pas suffi à masquer le manque de panache Général de la corrida.

L'épilogue de ce festejo a été marqué par une minute de silence en hommage à Alfonso Vázquez, ancien mayoral de la ganadería Fuente Ymbro, et au ganadero Santiago Barrera, symbolisant une tradition taurine en deuil. La Feria de Abril continue, mais cette corrida La Quinta restera dans les mémoires comme une occasion manquée, un potentiel gâché par un manque d'audace et de maîtrise.