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Slither : le retour explosif d'un film d'horreur incompris ?

James Gunn, le réalisateur derrière les succès intergalactiques des Gardiens de la Galaxie et les récentes aventures de Superman, a débuté sa carrière avec un film que beaucoup ont rapidement oublié : Slither. Sorti en 2006, ce film d'horreur à petit budget, désormais réédité, soulève la question de la réhabilitation posthume des œuvres moins réussies.

Un repackaging suspect ?

Un repackaging suspect ?

L'opération marketing qui entoure ce retour est plus que troublante. Alors que Gunn est à son apogée créatif, Slither, un échec commercial cuisant à l'époque, se voit soudainement présenté comme une œuvre méconnue, un diamant brut à redécouvrir. Il est difficile d'ignorer le parfum de récupération qui s'en dégage : une tentative de donner une aura de génie à ce qui était, il y a moins de vingt ans, simplement un film de genre peu inspiré.

Le film, sans grande subtilité, déploie une intrigue simpliste : un organisme extraterrestre, dont les larves ressemblent à des vers phalliques souffrant d'une sévère exposition solaire, s'écrase sur Terre et commence à transformer les habitants d'une petite ville du Sud de la Caroline en créatures monstrueuses. Michael Rooker, figure récurrente dans les films de Gunn, incarne Grant, un homme obsédé par sa femme Starla, dont l'affection pour le shérif Bill (Nathan Fillion) ne passe pas inaperçue. Le spectacle est garanti lorsque les larves, pénétrant par diverses ouvertures, transforment les victimes en serviteurs dévoués ou en incubateurs grotesques.

Loin de la sophistication des effets spéciaux numériques que Gunn maîtrise aujourd'hui, Slither s’appuie sur des prothèses en latex visiblement bon marché, rappelant l'esthétique crue et gore propre à Troma Films, où Gunn a acquis ses premiers galons de réalisateur. L’humour, trop souvent maladroit, ne parvient pas à masquer le manque d'originalité du scénario. Mais il faut admettre que quelques moments de décalage réussissent à arracher un sourire. La superposition d'une chanson d'Air Supply, “Every Woman in the World”, sur une scène de carnage particulièrement sanglante est un exemple frappant de cette volonté de juxtaposer le grotesque et le kitsch, une technique que Gunn a perfectionnée dans les Gardiens de la Galaxie.

L'engagement de la distribution, et notamment d’Elizabeth Banks, est indéniable, même si l'on devine que les acteurs ont dû se résigner à passer de longues heures dans le fauteuil de maquillage, drapés de latex. Slither est un témoignage de la première tentative, imparfaite mais enthousiaste, d'un jeune réalisateur en quête de sa voie. Le film ne sera probablement jamais considéré comme un chef-d'œuvre, mais il offre un aperçu fascinant de l'évolution d'un cinéaste qui est devenu l'un des architectes du paysage cinématographique contemporain.

La question demeure : cette réédition est-elle une véritable redécouverte ou une simple tentative de capitaliser sur la notoriété actuelle de James Gunn ? La réponse, sans doute, se trouve quelque part entre les deux. Slither sortira en salles britanniques le 10 avril et en format numérique le 1er mai.