Tigo : une ia qui dénigre les femmes provoque la colère en colombie
Une controverse explosive secoue la Colombie après la diffusion d’une image modifiée par intelligence artificielle (IA) sur un panneau publicitaire de Tigo, une compagnie de téléphonie mobile. L’incident, survenu le 23 et 24 avril 2026, a mis en lumière la violence symbolique et numérique, et a réveillé un débat crucial sur l’utilisation de la technologie.
La faute d'un algorithme, la blessure d'une communauté
L'origine de la polémique remonte à une photo d'un affichage publicitaire original, où une femme apparaissait avec la phrase : « Depuis que je suis postpayé(e), je partage mes données avec tout le monde ». Une modification réalisée par l’IA a substitué cette phrase par une injure dédaigneuse : « Depuis que je suis prépayé(e), je partage mes données avec tout le monde ». Le terme « prépayé(e) » en Colombie est connoté, une insulte péjorative souvent utilisée pour désigner les femmes offrant des services sexuels en échange de compensation financière. Cette transformation a été perçue comme une attaque directe à la dignité féminine, déclenchant une vague de réactions virales sur les réseaux sociaux.
Tigo, confronté(e) à l’indignation, a d’abord tenté de minimiser la gravité de la situation, affirmant que l’incident relèverait d’une « violence numérique ». Cependant, après une pression sociale intense, la compagnie a publié un message clair, dénonçant cette manipulation de l’image d’une femme par l’IA comme une forme de violence symbolique. Elle a également diffusé une vidéo comparant le message original et la version corrompue, soulignant la différence flagrante.

La sécurité de la donne, une priorité
Pour contrer l'impact négatif de cette faille, Tigo a déployé une stratégie de communication astucieuse. En s’appuyant sur l'intelligence artificielle elle-même, la compagnie a créé plusieurs images alternatives du panneau publicitaire, mettant en avant des messages d'émancipation féminine. Un message percutant, accompagné d'une vidéo explicative, a été diffusé sur X : « Un faux mot, une image truquée pour des likes. Ils n'ont pas attaqué une marque, ils ont attaqué une personne. Voulez-vous de nouvelles phrases ? Voici quelques réflexions à méditer. » Cette démarche témoigne d’une volonté de prendre conscience des conséquences de ses actions et de promouvoir une utilisation responsable de la technologie.
La Secrétariat à la femme de Colombie a officiellement condamné l'incident, soulignant que « aucune publication ne peut être construite sur le machisme ». Il est impératif de créer des environnements virtuels respectueux et inclusifs. Cette affaire résonne comme un rappel brutal des dangers de la violence numérique contre les femmes – une problématique qui englobe un large éventail de comportements abusifs, allant de la manipulation d’images à l’harcèlement en ligne, en passant par la diffusion de fausses informations. Il est crucial de sensibiliser à ces pratiques et de lutter contre la culture du dénigrement en ligne.
Tigo a appelé à la réflexion sur l’utilisation responsable de la technologie et a réaffirmé son engagement en faveur de campagnes d'émancipation féminine. L’entreprise souligne que l'image de la femme est la sienne, comme la vôtre. L'objectif n'est pas de détruire, mais d'ajouter de la valeur. L'affaire Tigo est un point de bascule. Il est temps d'agir, avant que la technologie ne devienne un instrument de domination et de déshumanisation.
