Toledo: le grafène révèle un nouveau chemin pour la médecine de la moelle épinière

Une avancée scientifique prometteuse émane des laboratoires de Toledo : une équipe conjointe de l'Hôpital National des Paraplégiques et de l'Institut de Science des Matériaux de Madrid (ICMM-CSIC) explore l'utilisation du grafène pour améliorer la récupération après une lésion médullaire. Loin d'être une chimère, cette recherche, publiée dans la prestigieuse revueBiomaterials, pourrait bien redéfinir les perspectives de traitement pour des millions de personnes atteintes de lésions de la moelle épinière.

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L'alliance inédite du grafène et de la rééducation

Pendant des années, la rééducation physique a été la seule option disponible pour les patients souffrant de lésions médullaires, offrant une récupération limitée. L'approche novatrice développée à Toledo combine cette rééducation avec l'implantation de mousses tridimensionnelles d'oxyde de grafène réduit dans la zone lésée. Ces « scaffolds », comme les nomment les chercheurs, agissent comme des échafaudages, encourageant la croissance neuronale entre les parties sectionnées de la moelle épinière. Le souvenir de l'équipe qui a déjà réussi à reconnecter complètement la moelle épinière d'une souris grâce à ces matériaux témoigne de l'ambition et du potentiel de cette recherche.

L'étude actuelle se concentre sur les rats présentant une hémisection cervicale, le type de lésion le plus fréquemment observé chez les humains. L'insertion des mousses de grafène, couplée à un programme d'exercices physiques, a produit des résultats remarquables. Plus qu'une simple amélioration, on observe une régénération véritable des tissus.

« Tous les marqueurs d'inflammation dans la zone de la lésion sont améliorés », explique Conchi Serrano, chercheuse à l'ICMM-CSIC. « Et cette diminution de l'inflammation est progressive, ce qui est particulièrement encourageant. » L'augmentation de la vascularisation, apportant davantage d'oxygène et de nutriments à la zone lésée, est un autre signe positif, facilitant la régénération tissulaire. Les muscles bénéficient également de cette thérapie, affichant une meilleure dureté et flexibilité, tout en récupérant la perte de fibres oxydatives. L'analyse révèle une structure musculaire optimisée, avec des sarcomères plus petits et une augmentation du nombre de mitochondries, ces centrales énergétiques cellulaires.

Mais l'impact ne s'arrête pas là. La reprise de poids, souvent perturbée après une lésion médullaire, est plus rapide grâce à cette thérapie synergique. Les organes vitaux, comme le cœur, retrouvent également un poids normal, signalant une restauration globale de l'équilibre physiologique.

L'étape suivante, cruciale, consistera à évaluer le comportement des rats afin de déterminer si ces améliorations anatomiques et physiologiques se traduisent par une amélioration fonctionnelle réelle. Si les résultats obtenus chez les petits mammifères se confirment chez l'homme, l'avenir de la médecine de la moelle épinière pourrait être radicalement transformé. Les essais cliniques sur l'homme sont encore loin, mais l'espoir renaît à Toledo, porteur d'une promesse de vie nouvelle pour des millions de personnes.