Tunisie : le syndicat de presse exige la revocation immédiate de la suspension de la ltdh
Un coup de poignard à la démocratie tunisienne. Le Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT) dénonce avec virulence la décision des autorités de suspendre, pour un mois, les activités de la Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits Humains (LTDH). Un acte qualifié de « précédent dangereux » qui menace les libertés fondamentales.
L’ong, pilier de la vie démocratique, est visée.
Le SNJT ne se contente pas d’exiger la révocation immédiate. Il exige l’annulation pure et simple de cette mesure illégitime, ainsi que la fin de toute politique visant à museler les organisations indépendantes. Un signal d’alarme retentissant, d’autant plus que la LTDH, depuis 1976, est un acteur incontournable de la lutte pour les droits humains, une voix essentielle dans un pays où l’ombre de la répression s’étend.

La rage et la désillusion d’un syndicat.
« C’est un véritable assaut sur l’un des piliers les plus importants de la vie démocratique tunisienne », s’indigne le SNJT. Une réaction exacerbée, certes, mais qui reflète la profonde inquiétude qui anime la professionnalisation. Des organisations de défense des droits humains, déjà sous pression depuis l’exercice de ses pouvoirs par le Président Said, sont désormais la cible d'une instrumentalisation flagrante.
Réactions en chaîne : un écosystème de protestations
La LTDH, quant à elle, se défend en affirmant avoir agi conformément à la loi. Mais l’appel à l’émotion ne saurait masquer la gravité de la situation. Le Foro Tunisino de Derechos Económicos y Sociales (FTDES) qualifie cette suspension de « honteuse », tandis qu’Abogados Sin Fronteras dénonce une « tendance alarmante à étouffer les voix critiques ». L’intervention du Président Said, qui a concentré tous les pouvoirs en 2021, a ouvert la voie à une dérive autoritaire qui s’exprime désormais par des mesures de pression croissantes.
Un climat d'intimidation persistant
La situation est particulière. Le SNJT ne se limite pas à une simple contestation. Il exige un environnement garantissant le respect des droits et libertés, un espace ouvert, sans restrictions, pour la sphère civile et médiatique. L’urgence est palpable. Il ne s’agit pas d’une simple affaire de droits humains, mais d’une question de survie de la démocratie tunisienne. La décision arbitratoire de suspendre la LTDH, considérée comme « la déchaine des intimidations », mérite d’être analysée avec lucidité et sans concession.
