Valencia : un manuscrit du xviie siècle, disparu, réapparaît sur internet
Le monde de l'art valencien est en émoi. Un précieux manuscrit du XVIIe siècle, disparu du Colegio del Arte Mayor de la Seda de Valence au début du XXe siècle, a été localisé par la police espagnole. Plus surprenant encore, il était proposé à la vente en ligne pour la somme astronomique de 71 900 euros.
Une découverte fortuite grâce à la vigilance policière
L'affaire a éclaté grâce au travail acharné du Grupo de Patrimonio de Alicante, une unité de la Police Nationale spécialisée dans la protection du patrimoine culturel. Ces agents, patrouillant le web, ont repéré une annonce alléchante : un « important manuscrit du Gremio de la Seda » mis en vente sur une plateforme en ligne. L'enquête qui s'est ensuivie a rapidement révélé l'identité du vendeur, qui affirmait avoir hérité du document de son père, sans en connaître l'origine exacte. Un père qui, en 1992, avait fait réaliser un microfilmage du manuscrit, une démarche qui n'a malheureusement pas permis d'intégrer le document dans un inventaire officiel.

Un trésor historique : les ordonnances du gremi de velluters
L'histoire de ce manuscrit est riche en rebondissements. Il s'agit d'une copie des ordonnances du Gremi de Velluters, datant de 1479 et signées par le roi Ferdinand II d'Aragon, reconnaissant ainsi le statut d'artisanat de cette profession. Ces ordonnances, initialement rédigées en 1477, ont été ratifiées et complétées au fil des années, culminant avec la création de la Cofradía de San Jerónimo en 1483. Le manuscrit lui-même, relié en vitelle verte et orné de broches en bronze, est un témoignage exceptionnel de l'histoire économique et sociale de Valence.
Retour aux sources et protection du patrimoine
Bien que la loi espagnole sur la prescription adquisitive permette au vendeur actuel de conserver la propriété du manuscrit, il devra désormais se conformer à des mesures strictes de conservation et de protection. Le document sera intégré au Censo de Patrimonio Documental Valenciano et à l'Inventario General de Patrimonio Cultural Valenciano, garantissant ainsi sa préservation pour les générations futures. Il est temporairement hébergé à l'Archivo del Reino de Valencia, où des experts l'examinent minutieusement.
L'incident souligne une fois de plus la fragilité de notre patrimoine et la nécessité d'une vigilance accrue face aux tentatives de commercialisation illégale. Mais il témoigne aussi de l'efficacité des autorités dans la traque des biens volés et de leur engagement à les restituer à leur lieu d'origine. Le manuscrit, jadis perdu, retrouve ainsi sa place légitime dans l'histoire de Valence, un rappel poignant de l'importance de préserver notre mémoire collective. Cette affaire met en lumière une réalité troublante : les trésors de notre passé se cachent parfois, à la portée de quelques clics, sur des sites de vente en ligne.
