Venezuela : le chavisme se prépare à une mobilisation et à des commémorations
Caracas s'apprête à vivre une semaine tendue. Alors que des manifestations salariales sont prévues jeudi, le gouvernement chaviste a annoncé une contre-mobilisation nationale, orchestrée par le PSUV. Une escalade de tensions dans un climat déjà électrique.

Le psuv appelle à la « paz », tandis que l'opposition revendique des améliorations salariales
Diosdado Cabello, bras droit de Nicolás Maduro et secrétaire Général du PSUV, a lancé cet appel à une « mobilisation pour la paix » qui se veut une réponse directe aux protestations des travailleurs et étudiants, qui réclament une augmentation de leurs salaires. Le rassemblement, dont les détails logistiques restent flous, se déroulera dès le début de la journée, mais les points de départ et d'arrivée n'ont pas été précisés. Ce qui, dans le contexte actuel, ressemble moins à une quête de paix qu’à une démonstration de force.
Mais l'enjeu va bien au-delà de ces manifestations. Le chavisme se prépare également à commémorer les événements du 11, 12 et 13 avril 2002, des dates gravées dans la mémoire des partisans de Hugo Chávez. Il s'agissait d'une brève période de destitution du leader révolutionnaire, rapidement suivie de son retour au pouvoir, un événement que Cabello décrit comme un triomphe du peuple et des forces armées sur les tentatives de « coup d'État ».
« Le peuple et l'armée ont ramené notre commandant Chávez à la présidence », a affirmé Cabello, soulignant la douleur ressentie par l'opposition à l'évocation de ces jours. L'évocation de ces événements, bien plus qu'une simple commémoration, est une stratégie de communication habilement orchestrée pour galvaniser les troupes chavistes et diaboliser l'opposition, en la présentant comme héritière des forces qui ont tenté de renverser Chávez il y a plus de deux décennies.
Le contexte est d'autant plus significatif qu'en 2002, une grève générale et des protestations massives avaient conduit au renversement temporaire de Chávez, avant sa restauration grâce à l'intervention du peuple et de l'armée. Une période qui a laissé des cicatrices profondes dans la société vénézuélienne et qui continue d’alimenter les tensions politiques.
Au-delà des dates symboliques et des mobilisations de rue, la réalité vénézuélienne reste celle d'une économie en crise, d'une inflation galopante et d'une population confrontée à des difficultés croissantes. La promesse d'une « paz » forcée ne saurait masquer les profondes fractures qui traversent le pays. Les salaires, anémiés par l'hyperinflation, sont désormais au cœur des revendications populaires, et la capacité du gouvernement à répondre à ces exigences reste, pour le moins, incertaine.
