Vox s'allie à quatre régions : bolaños démasque les accords macchistes
Le député de Vox, Carlos Flores Juberías, a dévoilé mercredi les contours d’une alliance gouvernementale inédite impliquant quatre communautés autonomes. Cette avancée, qui risque d’exacerber l’isolement parlementaire de l’exécutif, a immédiatement suscité l’indignation du ministre de la Présidence, Félix Bolaños.
Un pacte sombre et xenophobe
Bolaños, d’une voix rauque, a dénoncé ces accords comme une menace pour la démocratie espagnole. La question centrale, selon le ministre, est de savoir si Vox a déjà conclu des ententes avec le Parti populaire (PP) dans ces régions clés – Aragón, Extremadura et Castille et León. Il exige une transparence totale, une divulgation immédiate de ces pactes avant les élections en Andalousie, afin que les citoyens puissent juger par eux-mêmes.
Les accusations de Bolaños ne s’arrêtent pas là. Il qualifie ces négociations de « machistes », de « xénophobes » et de « réactionnaires », affirmant qu’elles contredisent les principes fondamentaux de l’égalité entre les sexes, la lutte contre le changement climatique et l’avancement de la société. Il ne manque pas de souligner le risque de recul démocratique en Espagne, notamment dans les régions où le PP, allié à Vox, semble vouloir imposer un agenda conservateur.
Flores Juberías, quant à lui, a ironiquement évoqué un « hôtel Zaragoza », lieu supposé des négociations entre le PP et Vox en vue de la formation d'un gouvernement régional. Il a laissé entendre que le gouvernement actuel est incapable de parvenir à des compromis, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des institutions, et que l'alliance avec quatre régions autonomes ne fera qu'accentuer son isolement.

Une défense de la démocratie face à l'ultraréchristianisme
Bolaños a également rappelé l’engagement du gouvernement à défendre les valeurs démocratiques de l’Espagne, en citant notamment la réforme de l’article 49 de la Constitution, qui garantit les droits des personnes handicapées, et la protection du droit à l’avortement. Il a dénoncé la stratégie du PP et de Vox, qui consiste à s’opposer à tout, et a souligné la stabilité du gouvernement et sa capacité à mettre en œuvre des réformes progressistes.
Il a même proposé, avec une pointe d’exaspération, d’être témoin de ces accords à Zaragoza, afin de permettre aux citoyens de vérifier par eux-mêmes leur contenu. La perspective d’un gouvernement retronventional, porté par Vox et le PP, est loin d’être un simple scénario politique. C’est un défi majeur pour l’avenir de la démocratie en Espagne.
