Zapatero, teixeira et plus ultra : un réseau de favoritisme démasqué par la udef
Un scandale éclate au cœur de la politique espagnole avec l’implication, selon un rapport de la UDEF, de l’ancien président José Luis Rodríguez Zapatero dans un système de favoritisme en faveur de la compagnie aérienne Plus Ultra. L’enquête révèle un jeu d’influence complexe et tentaculaire.
Une gestion discrète, un accord lucratif : les dessous de l’autorisation de vol
Le 31 juillet 2021, un message crypté, identifié comme « Z », envoyé par l’ancien président Zapatero à son ami Julio Martínez Martínez, indiquait la réussite d’une « gestion dans les temps » pour l’approbation des vols de Plus Ultra. Cette autorisation, obtenue grâce à des pressions sur le régime venezolano, est au centre d’une enquête judiciaire menée par le juge José Luis Calama.
Le rapport de la UDEF dévoile une double stratégie : d’une part, la mise en place d’une pression diplomatique pour obtenir le « rescate public » de 53 millions d’euros pour la compagnie aérienne. D’autre part, une intervention directe auprès des autorités de Caracas pour garantir le maintien des vols sur la liaison Madrid-Caracas, une route aérienne stratégique qui avait été temporairement bloquée par l’INAC, l’Institut National de l’Aéronautique Civile, sous prétexte de restrictions liées à la pandémie.

Le rôle clé de teixeira et l’intervention de delcy rodríguez
Juan Manuel Teixeira Díaz, président de l’INAC de 2020 à 2023, et désormais à la tête de la Société des Biens Récupérés (SBR), semble être un acteur central de ce système. Dès mars 2021, il contacte Julio Martínez Martínez pour lui signaler une dette impayée de 258 618 dollars par Plus Ultra, une dette qui, en cas d’échéance non respectée, menaçait la suspension des autorisations de vol. La situation s’est aggravée en juillet 2021 lorsque l’INAC a constaté que Plus Ultra commercialisait des vols sans l’approbation nécessaire des autorités venezoliennes.
Des messages interceptés révèlent également l’intervention de Delcy Rodríguez, alors vice-présidente du Venezuela, qui aurait autorisé six vols réguliers entre Madrid et Caracas en février 2021, sans passer par un protocole diplomatique formel de l’ambassade espagnole. Cette action, confirmée par des échanges entre les dirigeants de Plus Ultra, témoigne d’une influence considérable exercée par la République bolivienne sur les opérations de la compagnie aérienne.

Des accusations portées contre zapatero : trafic d’influence et blanchiment d’argent
Le juge Calama a imputé à l’ancien président Zapatero des faits de trafic d’influence et de blanchiment d’argent. Il estime que l’ancien chef de l’État aurait dirigé une structure stable et hiérarchisée, dont le but était d’obtenir des bénéfices économiques en intervenant auprès d’instances publiques en faveur de Plus Ultra, lui permettant de percevoir des commissions présumées d'environ 1,95 millions d’euros. Teixeira, quant à lui, a quitté la présidence de l’INAC en 2023 et est désormais à la tête de la SBR, l’organisme chargé de la saisie des biens appartenant à des opposants.
La complexité de ce dossier souligne la nécessité d'une transparence totale et d’une enquête approfondie pour éclairer les pratiques douteuses qui ont conduit à cette situation et pour garantir que la justice soit rendue. La conduite de ce dossier est un échec pour la crédibilité de la démocratie espagnole.
