Retour massif de trésors indiens : new york met la pression sur londres
Plus de 600 antiquités d’une valeur estimée à 14 millions de dollars ont été restituées à l’Inde par les autorités de New York, une opération qui risque d’accélérer les pressions sur les autres institutions pour qu’elles suivent la même voie.
Un tournant historique, mais pas sans complications
Le procureur de Manhattan, Alvin Bragg Jr., a officialisé cette semaine la remise de ces objets culturels, dont une partie est liée à l’opérateur d’art illégal Subhash Kapoor. Cette restitution, orchestrée à la demande du consul général de l’Inde, marque un pas important dans la lutte contre le trafic transfrontalier du patrimoine.
Mais l’affaire prend une tournure inhabituelle avec les déclarations du maire de New York, Zohran Mamdani. Ce social-démocrate, premier magistrat de la ville, a ouvert une brèche en demandant explicitement le retour du diamant Koh-i-noor, actuellement intégré à la couronne de la Reine-Mère et conservé au Tower of London. Un geste audacieux, réalisé quelques heures seulement avant sa rencontre avec le roi Charles III au mémorial du 11 septembre.

Londres face à la tempête
La communication de l’équipe de Mamdani a minimisé le lien avec cette visite royale, évoquant un événement programmé depuis des mois. Mais son intervention ne laisse aucun doute sur sa volonté de réclamer ce joyau, symbole d’une histoire coloniale complexe et source de tensions diplomatiques durables. Le débat sur la propriété du Koh-i-noor, qui a fait l’objet de revendications de la part de l’Inde, du Pakistan, de l’Iran et d’Afghanistan, est relancé avec force.
Parmi les objets restitués, on retrouve notamment une statue en bronze de l’Avalokiteshvara, un dieu bouddhiste, et une figure en sandstone d’un Bouddha, tous deux ayant été volés et introduits clandestinement aux États-Unis. L’enquête sur Subhash Kapoor, principal suspect dans ces trafics, est toujours en cours. Il est actuellement accusé de trafic d’antiquités.

Au-delà des chiffres : une question d’honneur
La restitution de plus de 600 pièces témoigne de l’ampleur des réseaux de trafic ciblant le patrimoine indien. Mais cette action ne doit pas occulter la nécessité de poursuivre les investigations et de traduire en justice les individus impliqués. William Dalrymple, co-auteur du livre ‘Koh-I-Noor’, souligne que “le diamant a une longue histoire de malchance et semble avoir été le point de déclenchement de la crise diplomatique entre la Grande-Bretagne et l’Inde.”
L’administration de Mamdani, héritière d’une famille d’origine indienne vivant à New York, est clairement opposée à la détention du Koh-i-noor par la couronne britannique. Ce geste s’inscrit dans une vision critique de l’histoire coloniale de la ville, marquée par l’exploitation et l’oppression. La somme des enjeux dépasse largement la valeur monétaire des antiquités restituées. Il est clair que cette affaire risque de transformer le dialogue avec Londres, forçant une prise de conscience historique et un retour aux sources.
