le système monétaire international et les objectifs du développement durable

Origines et évolution du système monétaire international

Les Accords de Bretton Woods en 1944 visaient à établir un système monétaire international stable. Initialement, l'idée était de créer une véritable monnaie internationale, une proposition de Keynes qui n'a pas été retenue. Le dollar américain s'est alors imposé progressivement comme monnaie de référence, bien que ce système n'ait pas été une monnaie internationale au sens strict. Malgré quelques réformes, le rôle prédominant du dollar demeure, malgré l'utilisation d'autres devises entre pays.

L'émergence des objectifs de développement durable (odd)

Parallèlement à l'évaluation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), l'attention s'est tournée vers les Objectifs du Développement Durable (ODD). Ces objectifs, ambitieux et concrets, visent à éradiquer la pauvreté, garantir l'accès à l'alimentation, l'eau, la sécurité et l'éducation. Leur réalisation nécessite une approche globale, intégrant les dimensions économique, sociale, environnementale, culturelle et, crucialement, financière.

Le lien ténu entre smi et développement durable

Bien qu'il n'existe pas de lien direct évident entre le Système Monétaire International (SMI) et le développement durable, il est essentiel d'analyser l'impact du SMI, et notamment du système basé sur le dollar, à la lumière des principes du développement durable. La finance, et plus spécifiquement la monnaie, sont désormais au cœur des transactions internationales, et un SMI qui ne respecte pas les principes du développement durable risque de compromettre les progrès réalisés.

Le système de bretton woods : un héritage complexe

La Conférence de Bretton Woods a établi un système où les parités monétaires étaient exprimées en termes d'or ou de dollars américains. Les États-Unis bénéficiaient d'un statut particulier, pouvant convertir leurs dollars en or. Ce système, bien qu'ayant permis une certaine stabilité, était intrinsèquement fragile, comme l'avait souligné Robert Triffin en 1947, car il créait un dilemme insoluble : pour être une monnaie internationale, le dollar devait être largement détenu, mais cela générait un déficit pour les États-Unis.

La création monétaire internationale : une question d'intérêts

La création monétaire internationale se produit lorsque des résidents américains transfèrent des dollars à des non-résidents. Ces transferts, qu'il s'agisse de billets ou de transactions bancaires, augmentent la dette des États-Unis et contribuent à un déficit de la balance des paiements. Cette création monétaire, bien que nécessaire aux échanges internationaux, soulève des questions quant à la prise en compte des intérêts des parties prenantes, notamment des générations futures. La thèse des Net Financial Flows, bien que défendue par le Département du Commerce américain, ne rend pas compte de cette réalité.

Le privilège exorbitant du dollar et ses conséquences

Le privilège exorbitant dont bénéficient les États-Unis, grâce à la position dominante du dollar, leur permet d'importer, de prêter et d'investir sans limites apparentes. Ce déficit permanent, sans contrepartie financière visible, est un défi pour l'équilibre des relations internationales. De plus, le seigneuriage associé à la création du dollar, un avantage financier considérable pour les États-Unis, ne bénéficie pas directement aux autres pays, soulevant des questions d'équité et de coopération internationale.