l'ukraine : une terre étrangère pour la russie ?
- Contexte historique : l'urss et l'ukraine
- L'évolution vers l'indépendance : un processus graduel
- Les choix politiques de l'ukraine : une volonté d'autonomie
- La question de la mémoire : l'holodomor
- La spécificité linguistique et religieuse de l'ukraine
- Facteurs géopolitiques et démographiques : une position stratégique
Contexte historique : l'urss et l'ukraine
Pendant toute l'existence de l'URSS (1990-1991), l'Ukraine était l'une des quinze républiques soviétiques, mais jouait un rôle essentiel. Sa population, importante après celle de la Russie, ses ressources agricoles et énergétiques, sa façade maritime sur la mer Noire (notamment Sébastopol en Crimée) et son siège à l'ONU (avec un vote automatique en faveur de Moscou) en faisaient un élément stratégique. L'indépendance acquise en décembre 1991 a transformé la limite administrative en frontière internationale, marquant une rupture formelle entre les deux pays.
L'évolution vers l'indépendance : un processus graduel
Le processus d'indépendance n'a pas été brutal, mais s'est étalé sur deux ans. Le Mouvement populaire d'Ukraine (Roukh) a été fondé en 1989, et a remporté des succès électoraux en 1990. En juillet 1990, le Soviet suprême a déclaré la souveraineté de l'Ukraine, et Leonid Kravtchouk est devenu président. La déclaration d'indépendance du 24 août 1991, confirmée par un référendum à 92,3% le 1er décembre 1991, a scellé l'indépendance, malgré un taux de participation de 84,2%.
Les choix politiques de l'ukraine : une volonté d'autonomie
L'Ukraine a affirmé son indépendance par ses choix politiques, notamment en quittant le Parti Communiste (PC) ukrainien et en obtenant une reconnaissance internationale. L'accord de Minsk (8 décembre 1991) a dissous l'URSS et créé la Communauté des États indépendants (CEI), une organisation sans personnalité juridique internationale. L'Ukraine a également affirmé son indépendance en matière de politique étrangère, refusant de rejoindre le Traité de sécurité collective (TSC).
La question de la mémoire : l'holodomor
Un aspect crucial de l'affirmation de l'indépendance est la reconnaissance de l'Holodomor, la famine artificielle des années 1930, causée par la confiscation des récoltes par l'État soviétique. Cette tragédie, qui a coûté entre quatre et six millions de vies, est considérée par beaucoup comme un génocide. La commémoration de l'Holodomor symbolise la volonté de l'Ukraine de se démarquer du passé soviétique et de se forger une identité propre.
La spécificité linguistique et religieuse de l'ukraine
La Constitution de 1996 a déclaré l'ukrainien comme langue officielle, renforçant l'identité nationale. L'Ukraine se distingue également par son paysage religieux diversifié, avec l'Église gréco-catholique, l'Église orthodoxe ukrainienne du patriarcat de Moscou, l'Église orthodoxe ukrainienne autocéphale et l'Église orthodoxe ukrainienne du patriarcat de Kiev. Cette diversité religieuse, unique dans la région, est un symbole d'indépendance et de pluralisme.
Facteurs géopolitiques et démographiques : une position stratégique
La position géographique de l'Ukraine, avec ses frontières avec l'Union européenne, et son poids démographique (plus de 40 millions d'habitants) lui confèrent une capacité d'indépendance. Malgré les défis démographiques liés à la faible fécondité et à l'émigration, l'Ukraine reste un acteur majeur dans la région. Son ouverture sur différentes frontières et ses actions internationales démontrent sa volonté de se positionner comme un État souverain et indépendant de la Russie.
