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Rmit abandonne une enquête sur l’accusation de génocide à gaza : un coup de timon pour la complicité militaire

L’université RMIT, située à Melbourne, a discrètement mis fin à une procédure disciplinaire visant une étudiante, Gemma Seymour, qui avait accusé l’institution d’une complicité potentielle dans les atrocités qui déchirent Gaza. Une décision qui soulève des questions troublantes sur l’alignement de l’académie avec les enjeux géopolitiques les plus brûlants.

Une critique censurée : le point de bascule

Seymour, étudiante en arts plastiques, avait publié une vidéo sur les réseaux sociaux, filmée dans les couloirs du centre de recherche Défense et Aérospatiale Sir Lawrence Wackett, dénonçant l’implication de l’université dans la chaîne d’approvisionnement militaire. La vidéo, jugée menaçante par RMIT, mettait en lumière les liens étroits de ce centre avec des entreprises armées, notamment Boeing, dont les armes ont été utilisées lors d’attaques israéliennes, y compris contre des civils.

RMIT avait initialement argué que la diffusion de la localisation du centre constituait un risque pour la sécurité de ses installations et de ses personnels. Une argumentation, selon Seymour, révélant une volonté de dissimuler l’implication de l’université dans la production d’armes. Mais, inexplicablement, le tribunal a retiré son dossier.

Le silence des institutions face au conflit

Le silence des institutions face au conflit

La décision de RMIT d’abandonner la procédure est loin d’être anodine. Elle représente un précédent dangereux, une forme de censure académique face à une critique politique virulente. L’université, qui collabore avec des entités comme l’Armée australienne et le Département de la Défense américain, ainsi que Boeing, semble privilégier la protection de ses partenariats financiers à la liberté d’expression de ses étudiants. Un choix où la ligne entre la recherche scientifique et l’instrumentalisation militaire devient floue.

L’affaire a été relayée par Amnesty International, qui a documenté l'utilisation d'armes Boeing dans des frappes aériennes israéliennes ayant causé la mort de civils, dont des enfants. Le mouvement étudiant, déjà mobilisé en faveur d’un boycott des fabricants d'armes et d'une condamnation sans équivoque de la guerre en Gaza, salue cette décision comme une victoire. « C’est une reconnaissance que les étudiants et le personnel ne seront pas intimidés par l’université et qu’ils continueront à dénoncer son militarisme », a déclaré Seymour.

RMIT, quant à elle, se contente de réaffirmer son engagement en faveur de la liberté d’expression et du débat, tout en soulignant la nécessité de respecter ses propres politiques. Une réponse évasive qui ne peut que renforcer les suspicions quant à une volonté d’étouffer toute critique de ses activités de recherche.

La situation illustre un paradoxe saisissant : dans un contexte international marqué par l’urgence et la gravité des événements à Gaza, les universités se retrouvent prises entre les exigences de la recherche et les pressions politiques, mettant en péril leur rôle d’espace de réflexion et de débat critique. La décision de RMIT ne fait que souligner l’impérieuse nécessité d’une remise en question globale de nos institutions, de leurs liens avec l’appareil militaire et de leur responsabilité dans les conflits mondiaux. Une responsabilité qu’elles semblent, trop souvent, ignorer.