Suzi quatro : une détonation à 75 ans, mais le show s'essouffle

À 75 ans, Suzi Quatro livre une performance d’une intensité surprenante, mais son spectacle à Gateshead révèle un besoin impérieux de revoir sa stratégie.

Un cri ululante, un écho de l’âge

La rockeuse, réduite à 5 pieds 1 pouce, déploie encore une voix capable de faire trembler les murs. L’explosion sonore de 48 Crash, cette fameuse ‘Suzi Q scream’ – un hurlement de désir absolu, un vestige indélébile de la glam rock – est indéniablement présente, rappelant les ébauches de danse de son adolescence à Detroit. C'est une force brute, une énergie primale qui défie son âge.

Mais, il faut l’avouer, la soirée oscille entre moments d’une immédiate excitation et une longue descente aux abysses. L’ouverture, énergique et bien rythmée, promettait un voyage. Or, le second set, bien trop étendu, se révèle un véritable casse-tête : solos interminables, introductions ampoulées de son huit musiciens, et un manque flagrant de cohérence.

Le piédestal s’érofle

Le piédestal s’érofle

L’exercice de rappel de sa carrière, illustré par des photos sépia, est particulièrement maladroit. « Quinze ans sur BBC Radio 2. J'ai été en lice pour l'obtention du titre de présentatrice de l'année aux Sony Radio Awards », confie-t-elle, avec une pointe d’autosatisfaction qui, honnêtement, sonne faux. C'est un peu comme si un présentateur de radio de seconde zone nous offrait un PowerPoint au milieu d'un concert de rock. Un spectacle potentiellement humoristique, mais rapidement devenu laborieux.

L’alléchante succession de Can the Can et Devil Gate Drive, un véritable raz-de-marée pop, est un bref répit. Suivi d'une ballade country, presque méditative, on imagine pourtant que quelques coupes auraient été bénéfiques. La performance s'effrite, perdant de son impact au fur et à mesure.

Un final syrupeux, une déception croissante

Un final syrupeux, une déception croissante

L'ébauche d'une introspection, la pause où elle s'assoit au centre de la scène, drapée d'une serviette, laisse entrevoir une possible confession. Mais elle s’arrête net, ignorant nos attentes. Le final, Singing With Angels, une ode sirupeuse à Elvis Presley, est une conclusion discutable, une tentative désespérée de redresser la barre. Les spectateurs se dispersent, et avec eux, toute trace d'enthousiasme. Il est clair que la soirée a déjà atteint son terme, bien avant la fin prévue.

Il est temps de reconnaître une vérité amère : Suzi Quatro a besoin d'un ajustement, d'une simplification de son répertoire, d’une discipline rigoureuse. Une heure, voire un quart d’heure, pourraient suffire à transformer une soirée prometteuse en un véritable concentré de rock’n’roll. Un simple coup de pouce, mais un coup de pouce nécessaire.