Défense: le trésor s'obstine à saboter la relance
La pression monte sur
le gouvernement. Alors que le conflit au Moyen-Orient révèle les lacunes criantes de la défense britannique, le Trésor continue de freiner le renforcement des armées.Une priorité stratégique ignorée ?
James Murray, adjoint du chancelier, tente de minimiser la situation, évoquant un « jeu de zéro somme » entre dépenses sociales et militaires. Une justification discutable, selon George Robertson, ancien secrétaire de la Défense et chef du NATO, qui accuse le Trésor de « vandalisme ». Pour lui, la priorité absolue doit être la défense, face à une menace géopolitique grandissante.
Le gouvernement s'engage à atteindre 2,5 % du PIB pour la défense dès le printemps prochain, puis 3 % au cours du prochain mandat parlementaire. Cependant, les chefs militaires estiment que ce seul chiffre ne suffit pas, un déficit de 28 milliards d'euros subsistant suite à des années de coupes budgétaires successives. Même les militaires sont soumis à une demande de réduction de 3,5 milliards d'euros cette année, alors qu'ils sont préparés à un conflit.

Des coupes profondes et des contradictions
Rachel Reeves, secrétaire d'État à la Finances, aurait ainsi proposé un investissement bien inférieur à 10 milliards d'euros sur quatre ans, un chiffre qui suscite l'indignation de la gauche. Diane Abbott accuse le gouvernement de « placer les armes avant le pain », soulignant que la réduction des dépenses sociales, déjà amorcée avec la suppression du plafond de deux enfants, est une irresponsabilité. Un choix, selon elle, qui érode la confiance des électeurs.
John Healey, ministre de la Défense, harcèle le Trésor pour obtenir plus de fonds. Il co-préside actuellement une réunion du Groupement de défense ukrainien à Berlin, témoignant de l'urgence de la situation. Le défi est double : répondre à la crise au Moyen-Orient tout en investissant dans une force de dissuasion capable de faire face aux menaces contemporaines. La situation, en somme, est loin d'être sereine.
Le conflit au Golfe, bien qu'il révèle les failles du dispositif britannique, ne suffira pas à forcer le gouvernement à changer de cap. Le Trésor persiste dans sa volonté de réduire les dépenses, ignorant les avertissements alarmistes et les nécessités de la défense nationale. Une Politique qui risque de compromettre la sécurité du Royaume-Uni.
