Étudiants de buenos aires : le réformiste domine les urnes pour la troisième fois

Un vent de changement souffle sur l’Université de Buenos Aires. Pour la troisième fois en deux ans, le bloc réformiste, porté par le Frente Reformista (Franja Morada-UCR et alliés), a consolidé son emprise sur les instances étudiantes, marquant une rupture nette avec la mouvance kirchnériste.

Une victoire éclatante à vétérinaire : afv détrône evet après 28 ans

L’enjeu majeur de ces élections a été la Faculté de Vétérinaire, où la liste AFV, positionnée comme indépendante et alliée au réformisme, a récolté un score impressionnant de 47%, propulsant son président au sommet et éclipsant Evet, l'organisation du Partido Obrero, qui avait longtemps dominé le corps étudiant.

Ce revers est significatif, signant la fin d’une influence kirchnériste sur le campus qui remontait aux débuts des années 2000. Une dynamique nouvelle s'instaure, laissant entrevoir une orientation plus libérale pour la faculté.

Changements stratégiques : le peronisme se replie, le kirchnisme se désagrège

Changements stratégiques : le peronisme se replie, le kirchnisme se désagrège

Outre la victoire à Vétérinaire, d’autres évolutions notables ont eu lieu. Deux majorités étudiantes ont basculé, propulsées par des forces opposées au kirchnisme. La Faculté de Sciences Sociales, un lieu stratégique en raison de la présence de Cristina Kirchner en résidence, a vu la liste perroniste UES (non K, mais alliée au réformisme) prendre la tête, surpassant la liste La 15, associée à la Cámpora et à la Mella.

La liste Alternative Académique, incarnation pure du réformisme, a également obtenu une présence significative, soulignant la fragmentation du paysage Politique étudiant.

Résultats par faculté : un tableau contrasté

Résultats par faculté : un tableau contrasté

L’analyse des résultats confirme un schéma de domination réformiste dans de nombreuses facultés, notamment en Ingénierie (MLI), Odontologie (AFO), et Pharmacie (Nuevo Espacio+JUP). La JUP a toutefois obtenu une minorité significative, témoignant d’une résistance perroniste persistante.

La Libertad Avanza (LLA) a connu un échec relatif, confirmant la difficulté pour ce parti à percer auprès des étudiants. Leur faible performance met en lumière un fossé idéologique croissant entre leurs convictions et les préoccupations du corps étudiant.

Le peronisme se divise : la lutte pour la direction

La Faculté de Droit a également été le théâtre d'une bataille acharnée entre deux listes perronistes, reflétant les divisions internes au sein de ce parti. La UES a finalement pris le dessus, démontrant une capacité d'adaptation et de compromis, mais aussi la fragilité du peronisme face aux forces réformistes.

Une victoire pragmatique : l’impact sur la vie universitaire

Ces élections annoncent une nouvelle orientation pour l’UBA, avec un réformisme renforcé et une gauche affaiblie. L’avenir du campus dépendra désormais de la capacité de ces nouveaux dirigeants à traduire leurs promesses en actions concrètes et à répondre aux aspirations des étudiants.