Iran : le nouveau chef suprême khamenei promet vengeance et riposte, premier discours depuis l'attaque

Tehran a publié jeudi le premier message officiel du nouveau chef suprême de l'Iran, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, depuis sa nomination après la mort de son père, Ali Khamenei, et l'attaque initiale des États-Unis et de l'Israël le 28 février. Le discours, relayé à la télévision d'État, marque un tournant dans une période d'incertitude et de tensions exacerbées.

Un message de vengeance et de résilience, dans l'ombre de la controverse

L'ayatollah Khamenei, dont la santé avait été remise en question suite à l'attaque, a affirmé avoir appris sa nomination avec le reste du peuple iranien. Son message, diffusé sans images ni son de lui, a toutefois alimenté les spéculations persistantes sur son état de santé.

Dans son allocution, il a salué la résistance populaire et les soutiens régionaux, notamment le Hezbollah libanais et les milices yéménites, soulignant leur rôle dans la défense de l'Iran. « Les braves combattants du Front de la Résistance ont été nos meilleurs amis », a-t-il déclaré, renforçant ainsi les liens de l'Iran avec ses alliés du Moyen-Orient.

L'ayatollah Khamenei a réaffirmé que l'Iran ne renoncerait pas à se venger de chaque membre de sa nation tué par l'ennemi. Il a annoncé que l'Iran allait recevoir des compensations et, à défaut, saisirait des biens équivalents, voire les détruirait. « Nous allons recevoir une compensation de l'ennemi, et s'il refuse, nous prendrons autant de ses biens que nous le déterminerons, et si cela n'est pas possible, nous détruirons la même quantité de ses biens », a-t-il déclaré.

Le chef suprême a également justifié les frappes iraniennes contre les bases américaines dans la région, affirmant qu'elles avaient été menées en réponse à des attaques menées à partir de ces sites. Il a toutefois réitéré la volonté de relations amicales avec les voisins régionaux, à condition qu'ils dénoncent les bases étrangères installées sur leur territoire.

L'ayatollah Khamenei a exprimé sa sympathie aux familles des victimes des frappes américaines et israéliennes, mentionnant lui-même la perte de sa femme, de sa sœur et d'autres proches. Il a appelé les Iraniens à faire preuve de patience et de foi, assurant que la vengeance serait assurée. « La vengeance que nous avons l'intention est liée à la martyrisation du chef suprême de la Révolution ; chaque membre de la nation martyrisé par l'ennemi est un sujet de recours indépendant. »

Le discours intervient alors que les tensions dans la région restent à vif, avec des échanges de tirs entre Israël et le Hezbollah, et une escalade des frappes iraniennes contre les intérêts américains en Irak et en Syrie. La guerre avec l'Israël a déjà coûté plus de 11 milliards de dollars aux États-Unis, selon des sources militaires. L'ayatollah Khamenei a insisté sur la nécessité de continuer à bloquer le détroit d'Ormuz comme levier de pression.

Les déclarations du chef suprême ont été accueillies avec une attention particulière dans le monde entier, soulignant la détermination de l'Iran à riposter et à défendre ses intérêts. Le message est clair : l'Iran ne reculera pas devant la vengeance.