La transparence fiscale municipale, un rempart contre les impôts locaux excessifs ?
Buenos Aires : le gouvernement national lance une plateforme en ligne visant à dénoncer les taux municipaux jugés abusifs. Une initiative qui déclenche déjà des réactions passionnées, et qui pourrait bien redéfinir la relation entre les collectivités locales et les citoyens.
Le gouvernement dévoile un outil de transparence fiscale
Cette nouvelle plateforme, baptisée « Enterate de lo que pagás en tasas » (Renseignez-vous sur ce que vous payez en taxes), permet aux citoyens de signaler en ligne les taux municipaux qu'ils jugent excessifs ou irréguliers. Le site, accessible sans inscription, rassemble des données de 188 municipalités de 23 provinces, à l'exclusion de la ville de Buenos Aires. L'objectif est clair : exercer une pression sur les mairies pour qu'elles réduisent ou éliminent ces taxes.
L'annonce a été faite par le chef de Gabinet, Manuel Adorni, sur les réseaux sociaux, et a immédiatement suscité une vive controverse. Les maires de l'opposition, en particulier, ont dénoncé cette initiative.
Des critiques virulentes de la part des maires
« Caradura », a qualifié la maire de Quilmes, Mayra Mendoza, le chef de Gabinet. Elle accuse le gouvernement national de dettes envers la province de Buenos Aires, estimant qu'il abandonne ses obligations en matière de sécurité et d'infrastructures, laissant les mairies prendre en charge les besoins de la population. « On nous demande de faire plus avec moins, alors que l'argent est d'abord prélevé par l'État », affirme Lucas Ghi, le maire de Morón, soulignant que les municipalités ne perçoivent pas les impôts, mais des « taxes » liées à un service rendu.
Les données collectées par le site révèlent une diversité de taux selon les rubriques. La taxe routière, par exemple, varie entre 0,80% et 4,5% en fonction du type de carburant et du lieu. Les municipalités de Neuquén (capital, Plottier, San Martín de los Andes.) figurent en tête de liste avec un taux de 4,5%. À l'autre extrémité, Marcos Paz (0,80%) et Tigre et Escobar (0,9%) se distinguent par des taux plus faibles. Les taxes sur les activités primaires (agriculture, élevage.) présentent également des disparités, avec des taux fixes ou des pourcentages variables. Les grandes surfaces sont taxées de manière plus importante dans certaines villes, comme Lanús (6%) ou Villa Mercedes (4,5%).
Les associations de commerçants soutiennent la mesure
La Fédération des Supermarchés Unis (ASU) a publiquement soutenu cette initiative, estimant qu'elle répond à une demande des commerçants. « Les grandes chaînes souhaitent une réforme fiscale qui réduise voire supprime les taxes subnationales », affirme l'ASU. Leur objectif : alléger le fardeau fiscal des entreprises.
Des municipalités comme Godoy Cruz (Mendoza) imposent des montants fixes pour les activités commerciales, parfois très élevés : 7 607 733 pesos. En contraste, Presidente Perón (Buenos Aires) et Pirané (Formosa) appliquent des taux minimes de 0,3%. Le site de la Jefatura de Gabinet offre une vue d'ensemble de cette complexité fiscale, mais il ne résout pas, à lui seul, les problèmes structurels de financement des collectivités locales.
La transparence fiscale est un premier pas, certes, mais elle ne suffit pas. Elle met en lumière un problème plus profond : la répartition des ressources entre l'État, les provinces et les municipalités. Et la question de savoir qui supportera le plus lourd fardeau financier reste ouverte. La tendance n'est pas à l'amélioration.
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