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Oubliés, 758 000 jeunes privés de leur épargne enfance

Elle Middlemas, comme des milliers de jeunes Britanniques, a découvert par hasard l'existence d'un compte d'épargne enfance, un fonds fiduciaire pour enfants créé par le gouvernement. Une somme de 700 livres sterling, oubliée pendant des années, qui pourrait changer la donne pour des centaines de milliers de personnes.

Un héritage ignoré, un fardeau financier

Un héritage ignoré, un fardeau financier

L'histoire d'Elle est loin d'être isolée. Environ 758 000 jeunes Britanniques âgés de 18 à 23 ans ne savent pas qu'ils sont éligibles à un fonds fiduciaire pour enfants (CTF), un dispositif mis en place en 2005 pour encourager l'épargne pour l'avenir des enfants. Un montant estimé à 1,5 milliard de livres sterling repose actuellement sur des comptes dormants, souvent au détriment de jeunes issus de milieux défavorisés.

Le CTF était initialement doté de 250 livres par enfant, avec un complément de 250 livres pour les familles à faible revenu ou les enfants placés sous la tutelle des services sociaux. Les parents pouvaient ensuite alimenter ce compte jusqu'à 9 000 livres par an. Si, dans un délai d'un an après la naissance, aucun parent ne procédait à l'ouverture d'un compte, l'administration fiscale (HMRC) le faisait d'office. Aujourd'hui, la valeur moyenne de ces CTF s'élève à 2 200 livres.

Le problème réside dans le manque de communication et la complexité de la procédure pour accéder à ces fonds. Pour Elle, la découverte a été fortuite, grâce à une conversation avec la mère d'une amie. Sa sœur, déjà âgée de 21 ans, avait mené des recherches infructueuses pendant trois ans.

Gavin Oldham, PDG de la Share Foundation, une association qui aide les jeunes à retrouver leurs CTF, dénonce un “échec” du système. “Il est paradoxal de constater qu'un gouvernement qui exprime de vives préoccupations concernant la pauvreté des jeunes, ne fait pourtant si peu pour mettre en œuvre un dispositif pourtant prometteur, initié par le gouvernement travailliste précédent.” La Share Foundation a déjà permis de rattacher plus de 100 000 comptes à leurs propriétaires, mais le nombre de CTF restants sans attribution est colossal.

La solution envisagée par la Share Foundation est une libération automatique des fonds dès l'âge de 21 ans, ce qui permettrait de verser immédiatement près d'un demi-milliard de livres sterling aux jeunes, notamment ceux issus de milieux défavorisés. Ils proposent une mise en œuvre via les canaux existants tels que les prestations sociales, les salaires et les prêts étudiants.

Laura Kyrke-Smith, députée travailliste d'Aylesbury, souligne le principe fondamentalement juste du CTF, mais déplore le manque d'accès et la difficulté à retrouver ces comptes. Elle appelle à une plus grande transparence et à une identification proactive des détenteurs de comptes par le gouvernement.

Face à l'inaction, la Share Foundation envisage une action en justice pour contraindre le gouvernement à agir. Car, comme le souligne Oldham, “ces jeunes ne peuvent pas se permettre d'être privés de leur droit de naissance si longtemps.”

Elle Middlemas, quant à elle, prévoit d'utiliser son épargne pour financer ses études, tandis que sa sœur a pu rembourser une partie de ses dettes. Un soulagement, une bouffée d'oxygène, pour deux sœurs qui, comme tant d'autres, n'avaient qu'une seule envie : enfin accéder à l'argent qui leur revenait de droit.