Polanski déconseille aux verts australiens de ‘se contenter d’espérer’ face à la colère populaire
Zack Polanski, figure emblématique du Parti Vert britannique, livre un conseil cinglant à ses homologues australiens : abandonner la naïve espérance et saisir la colère qui bouillonne dans la population. Lors d’une conférence de campagne virtuelle pour les Verts victoriens, le député britannique a d’emblée souligné l’urgence d’une posture plus agressive face à One Nation, incarnée par Pauline Hanson.
L’urgence d’un ‘combat’ direct
« Il faut commencer à ‘se battre’ avec One Nation, comme nous nous sommes battus avec Reform UK », a-t-il déclaré, rappelant la stratégie adoptée par son propre parti face à Nigel Farage. Polanski, ici, ne se contente pas d’une analyse, il prescrit une action. Il insiste sur la nécessité pour les Verts australiens de traduire cette colère en actes, loin des promesses vides de solutions.

L’art de ‘s’adresser’ à la rage
Selon Polanski, le malaise des citoyens ne réside pas tant dans l’absence de solutions que dans le fait de se sentir ignorés. « Les gens sont de plus en plus en colère, de plus en plus désillusionnés et de plus en plus prêts à changer », a-t-il affirmé. « Nous, les progressistes, n’avons pas toujours réussi à ‘nous adresser’ à cette colère. Nous avons tendance à vouloir trop vite ‘espérer’, à ‘proposer’ des solutions sans réellement comprendre la profondeur du sentiment.

Distinguer les leaders des aspirations
Il plaide pour une distinction claire entre les dirigeants des partis de droite et ceux qui pourraient être attirés par leurs discours. « Beaucoup de ceux qui envisagent de voter pour eux pourraient en réalité être des électeurs verts », argumente-t-il. « Ils sont motivés par le rejet de la Politique d’establishment, par le désir de changement, et leurs préoccupations fondamentales – le coût de la vie, les inégalités – sont les mêmes que les nôtres. »

La puissance de l’écoute et de la ‘réponse’
Polanski insiste sur l’importance d’écouter et de comprendre la souffrance des gens, avant de proposer des solutions. « Si vous pouvez reconnaître la douleur que ressentent les gens, la lutte qu’ils mène, si vous pouvez ‘répondre’ à cela… et ensuite proposer des solutions, c’est incroyablement puissant », explique-t-il. C'est comme une conversation, un moment de validation, une entente avant de se lancer dans des propositions.
Une stratégie nuancée : ‘ne pas ‘faire du mal’ aux opportunistes
L’une des leaders des Verts victoriens, Ellen Sandell, reconnaît la complexité de la situation. Elle souligne la difficulté de se positionner comme une alternative « sans ‘faire du mal’ à ceux qui cherchent simplement une voix », en référence à One Nation. Polanski lui conseille de ne pas hésiter à affronter directement les discours populistes, en étant l'antidote à la désillusion. Il ne faut pas ‘ignorer’ leur influence.
Conclusion : l’espoir n’est pas une fin en soi
Face à l’omniprésence des discours enflammés, Polanski rappelle l’importance de l’espoir, mais insiste sur la nécessité d’en avoir un plan concret. « Parler uniquement de solutions risque de paraître naïf ou insensible », conclut-il. Il esquisse une analogie : « C’est un peu comme quand vous êtes contrarié par quelqu’un. Si quelqu’un vous propose immédiatement des solutions, cela peut paraître comme s’il ne vous écoutait pas. » Il est plus efficace d’abord de laisser exprimer la colère, avant de proposer une voie commune. »n
