Santa cruz : la cour suprême saisit la guerre pour le contrôle du judiciaire
Un conflit virulent, vieux de plusieurs décennies, s’est emballé aujourd’hui devant la Cour suprême de la Nation. L’institution de Paris a pris le contrôle de l’affaire, véritable brasier institutionnel qui ravage la justice de Santa Cruz, et ordonné la production intégrale du dossier relatif à la réforme controversée du Tribunal Supérieur de Justice (TSJ) provincial.
Le tsj divisé : un coup de grâce pour la domination kirchnériste
L’intervention de la Cour suprême, d’une immédiateté surprenante, intervient après des mois d’une tension palpable. Le gouverneur Claudio Vidal, arrivé au pouvoir en 2023, avait orchestré une loi visant à porter la composition du TSJ de cinq à neuf juges. Une initiative, largement approuvée par la majorité au sein de la législature locale, qui a mécaniquement marginalisé les magistrats nommés durant la longue période de domination kirchnériste de la province – plus de trente ans.
La réaction fut immédiate et explosive. Le secteur judiciaire, fidèle aux héritiers du kirchnériste, ainsi que l’Association Gremiale des Employés Judiciaires de Santa Cruz, ont immédiatement déposé des recours et des plaintes, dénonçant des irrégularités flagrantes et qualifiant la réforme d’inconstitutionnelle. La situation a atteint un point critique lorsque le TSJ, après avoir initialement validé la loi, a déclaré son inconstitutionnalité.

Une bataille juridique sans merci
En parallèle, les nouveaux juges, soutenus par des hauts fonctionnaires alignés sur Vidal, ont tenté de renverser cette décision par un recours de plainte adressé à la Cour suprême. L’Association Gremiale a même tenté, en vain, d’éloigner les juges nationaux par une procédure de mise en accusation, mais la Cour a rejeté cette demande, la jugeant extemporaine et infondée. Ce conflit, exacerbé par l'extension de la composition du TSJ de cinq à neuf juges, révèle une fracture profonde au sein de la justice provinciale.
La Cour suprême a explicitement indiqué que les arguments présentés ne constituaient pas de motifs légaux valides pour la destitution des juges, conformément au Code de procédure pénale. Elle a donc exigé, avec la plus grande urgence, la production intégrale de l’ensemble du dossier – incluant la sentence définitive du 25 décembre 2025, les recours prudenciels, les décisions internes relatives aux nominations et aux jurats des nouveaux magistrats, ainsi que des informations sur les autres procédures judiciaires connexes. Cette demande, pour le gouvernement local, marque un tournant décisif dans cette affaire, ouvrant la voie à une analyse approfondie de la légalité de l'extension du TSJ, considéré comme le cœur même de ce conflit entre les nouvelles autorités provinciales et leurs adversaires.
Ce face-à-face, aux racines profondes dans les luttes politiques qui ont rythmé la province ces dernières décennies, met en lumière une volonté de Vidal de « dépolitiser » le pouvoir judiciaire, après des années de contrôle kirchnériste qu’il qualifie de « dernière souterraine ». Les partisans du kirchnériste, quant à eux, dénoncent des procédures irrégulières et un calendrier accéléré, remettant en cause les normes parlementaires et judiciaires. La situation est telle que la Cour suprême n’a pas fixé de délais précis, soulignant néanmoins l’urgence de la situation.
La Cour suprême a pris position, et il est clair que le sort de la justice de Santa Cruz est désormais entre ses mains. L'issue de cette bataille judiciaire, qui oppose désormais le gouverneur Vidal à des secteurs profondément ancrés du kirchnériste, pourrait avoir des répercussions considérables sur l’équilibre des pouvoirs dans la province.”n
