Tensions au royaume-uni : badenoch soutient son adjoint sur les prières musulmanes en public

Le débat sur l'expression religieuse en espace public s'intensifie au Royaume-Uni, après que Nick Timothy, adjoint au ministre de la Justice, ait dénoncé les prières musulmanes en public comme une forme de « domination » et « anti-britannique ». Cette déclaration a déclenché une vague d'indignation et de critiques, plongeant le parti conservateur dans une crise de communication.

La polémique enflamme le parti conservateur

La polémique enflamme le parti conservateur

Timothy avait publié des images sur les réseaux sociaux d'une prière lors d'un événement ramadane à Trafalgar Square, qualifiant la pratique d'« acte de domination » et « tirée du manuel islamiste ». Cette publication a suscité de vives critiques, notamment de la part du maire de Londres, Sadiq Khan, qui avait assisté à l'événement. Face à la pression, Timothy a réaffirmé ses propos dans le Daily Telegraph, arguant que l'expression d'une foi non chrétienne constituait un « défi » et un appel au remplacement.

Kemi Badenoch, ministre du Commerce et de l'Industrie, a défendu publiquement son adjoint, affirmant que la polémique ne portait pas sur la liberté de religion, mais sur la manière dont elle s'exprime dans l'espace public. Elle a souligné son propre malaise face à la marginalisation des femmes lors de ces événements, tout en insistant sur la nécessité d'une expression religieuse conforme aux valeurs britanniques.

La réaction de Badenoch a été immédiatement critiquée par le parti travailliste. Anna Turley, responsable du parti, a accusé Badenoch de manque de courage et de soutien à des propos « ignobles » sur les musulmans, les associant aux positions de Tommy Robinson.

L'incident intervient alors que plusieurs événements « Open Iftar » ont eu lieu à travers le pays, notamment à la National Gallery, au stade Tottenham Hotspur et au circuit de Silverstone. Ces événements, organisés depuis six ans à Trafalgar Square sans contestation majeure, visent à partager le repas de rupture du jeûne du ramadane avec tous. La décision de Badenoch de soutenir Timothy, au lieu de le sanctionner, risque de creuser davantage les divisions au sein du parti conservateur et d'alimenter les tensions sociales.

Les déclarations de Timothy ont été perçues par beaucoup comme une reprise de discours populistes et islamophobes, certains y voyant une tentative de capitaliser sur les craintes liées à l'immigration et à l'identité nationale. Cette affaire pourrait avoir des répercussions sur la campagne électorale locale du parti conservateur, déjà fragilisée par les derniers mois.