Transports argentins : le spectre d'une grève plane sur buenos aires
Le chaos menace Buenos Aires. Alors que les négociations s'enlacent, les entreprises de transport menacent de suspendre leurs services, laissant des milliers de passagers dans l'incertitude et risquant de paralyser la capitale argentine. Une situation critique, exacerbée par l'inflation galopante et la volatilité des prix du carburant.
Entre subventions gelées et coûts explosifs
Depuis des semaines, la tension monte entre le gouvernement et les opérateurs de transport public. Les entreprises dénoncent un décalage croissant entre les subventions allouées et la réalité des coûts d'exploitation, en particulier face à la flambée des prix du carburant, conséquence directe du conflit au Moyen-Orient. Le gasoil, vital pour le fonctionnement des lignes de bus, a vu son prix doubler en un mois, passant de 1 400 à 2 150 pesos le litre, et même plus cher chez Axion, où il s'échange à 2 400 pesos. Une situation insoutenable, affirment les transporteurs, rendant impossible le maintien d'un service public viable.
L'administration Milei, confrontée à une crise économique profonde, semble jouer la montre. Bien qu'un entretien avec les représentants des entreprises soit programmé ce jeudi, la lenteur des transferts de fonds, avec un retard de paiement des subventions d'avril, ne fait qu'aggraver les frustrations. Selon une source gouvernementale, la réunion est présentée comme une simple formalité, une pratique habituelle, même si les rencontres régulières sont contestées par le secteur privé, qui se souvient d'une interruption de plusieurs mois.

Un rehaussement des tarifs insuffisant
Les augmentations de tarifs déjà appliquées cette année – un total de 41 % depuis janvier, avec un bond de 31,36 % en février et 7,69 % en mars – n'ont pas compensé l'explosion des coûts. Le gouvernement justifie cette Politique par une volonté d'harmoniser les prix avec ceux de la ville de Buenos Aires et de renforcer la compétitivité du secteur. Mais pour Adrián Noriega, porte-parole de la CEAP, ces justifications sonnent creux :