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Trump menace le feu sur l'iran : la chaîne de commandement américaine au bord du chaos ?

Les déclarations incendiaires de Donald Trump, brandissant la menace d'une frappe massive sur l'Iran, ont plongé l'armée américaine dans une crise existentielle. Face à des ordres potentiellement qualifiés de crimes de guerre, les officiers sont pris au piège d'un dilemme terrifiant : désobéir à leur supérieur ou participer à des atrocités.

Un ultimatum explosif

Sur sa plateforme Truth Social, l'ancien président a fixé un ultimatum à l'Iran : ouvrir le détroit d'Hormuz d'ici mardi soir, ou subir une attaque dévastatrice, qu'il a baptisée “Power Plant Day” et “Bridge Day”. Ses mots, d'une violence inouïe – “Open the Fuckin’ Strait, you crazy bastards, or you’ll be living in Hell” – révèlent une escalade dangereuse et une absence totale de retenue. Il a même précisé, quelques jours plus tôt, que cette frappe viserait “chacune de leurs centrales électriques, très fort et probablement simultanément”.

Des actes qui pourraient être qualifiés de crimes de guerre

Des actes qui pourraient être qualifiés de crimes de guerre

L'ampleur de ces menaces est sidérante. Une attaque sur l'infrastructure vitale d'un pays, impactant directement la vie de 93 millions d'Iraniens, serait, selon de nombreux experts juridiques, un crime de guerre flagrant. Margaret Donovan et Rachel VanLandingham, deux anciennes avocates militaires, ont souligné que ces déclarations placent les militaires “dans une situation profondément difficile”, remettant en question des décennies de formation juridique et risquant de les entraîner sur une voie sans retour.

Le précédent My Lai plane. Charli Carpenter, professeure de sciences politiques, rappelle que l'histoire regorge d'exemples de militaires remettant en question, voire refusant, des ordres illégaux. Elle cite l'exemple du massacre de My Lai au Vietnam, où certains soldats américains ont refusé de participer, voire ont tenté d'arrêter les exécutions. L'argument du lieutenant Calley, qui avait ordonné le massacre, invoquant l'obéissance aux ordres, avait été rejeté par le tribunal, jugeant ces ordres “palpablement illégaux”.

Un commandement affaibli, des risques accrus

Un commandement affaibli, des risques accrus

Le contexte est d'autant plus préoccupant que la chaîne de commandement militaire a été fragilisée. Depuis un an, Pete Hegseth, le secrétaire à la défense, a limogé les conseillers juridiques en chef du Pentagone et a dissous l'unité de mitigation et de réponse aux dommages civils, créée par l'administration Biden. Cette purge a rendu plus difficile pour les officiers d'obtenir des conseils juridiques indépendants. L'augmentation des appels à une “ligne d'assistance GI” – un service d'aide aux militaires – témoigne d'une inquiétude grandissante.

L'impératif de la désobéissance ? Même si les militaires sont formés à obéir aux ordres, des sondages révèlent qu'une majorité comprend leur devoir de désobéir aux ordres manifestement illégaux. Mais la difficulté réside dans la capacité à identifier ces ordres en temps réel et à agir en conséquence, surtout lorsque les nuances juridiques sont floues.

Le spectre d

Le spectre d'une escalade nucléaire

L'escalade verbale de Trump est passée à un autre niveau. Lors d'une interview à ABC, il a affirmé que, si l'Iran ne céda pas à ses demandes, “on va tout faire sauter dans le pays”. La menace, désormais, est nucléaire. Dans le système américain, le président a seul le pouvoir d'ordonner un lancement nucléaire, une décision qui pourrait être prise en quelques minutes lors d'une conférence téléphonique avec le National Military Command Center. Le seul espoir réside dans l'intervention de la chaîne de commandement, qui devrait juger cet ordre illégal.

Jeffrey Lewis, expert en armes nucléaires, se montre pessimiste : “Trump a montré auparavant un certain respect pour les conséquences dévastatrices de l'utilisation nucléaire, mais je ne sais pas si ce respect est encore aussi fort lorsqu'il perd la guerre et la raison.” Il rappelle que l’ancien président a déjà purgé l'armée de tous ceux qui pourraient lui faire obstruction, laissant peu de place à la résistance. La situation est, pour le moins, explosive. L'avenir de la région, et peut-être du monde, est suspendu à un fil.