Dermatologie : l'accès aux soins se fragilise en australie, une crise financière se profile
Un rapport alarmant révèle que les patients australiens, de plus en plus nombreux, renoncent à des soins dermatologiques essentiels, victimes d’une spirale des coûts de plus en plus vertigineuse.
Le coût de la dermatologie explose, et l’accès se fait de plus en plus difficile.
Selon les chiffres de Cleanbill, la première consultation coûte désormais près de 230 dollars hors concessions, un montant exorbitant, suivi d’examens de suivi à environ 190 dollars. Pour une heure d’intervention d’un spécialiste, on parle de 1000 dollars. Cette situation, loin d’être anecdotique, est le symptôme d’une fracture profonde dans le système de Santé.
L’étude, basée sur les données de 322 cliniques en 2024 et 2025, met en lumière une augmentation moyenne de près de 18 dollars pour les premières consultations et 20 dollars pour les rendez-vous de suivi sur un an. Cette hausse est particulièrement prononcée dans les petites régions, comme l’Australie occidentale, le Sud-Australie et la Tasmanie.

Un manque criant de spécialistes et un système de financement défaillant
La pénurie de dermatologues spécialistes, avec un peu moins de 700 professionnels et environ 130 internes, conjuguée à une demande croissante, due notamment à l’augmentation des cancers de la peau, aggrave la situation. Beaucoup de médecins se tournent vers la chirurgie esthétique, mieux rémunérée, privant ainsi les services essentiels de ressources.
Le fossé entre les remboursements Medicare et les honoraires des spécialistes s’élargit, une réalité que les patients ressentent concrètement à chaque facture. Il est inadmissible que les patients soient contraints de choisir entre leur Santé et leur budget.

Le système de santé australien est en crise.
Dr Elizabeth Deveny, directrice de Consumers Health Forum, pointe du doigt un problème structurel: « Les soins spécialisés deviennent un luxe que l’on doit planifier, et trop souvent, renoncer. C’est particulièrement vrai en dermatologie, où les soins de suivi sont souvent indispensables, pas optionnels. »
Les conditions de formation sont également limitées, avec un nombre restreint de places disponibles, financées par l’État. Cela freine la production de nouveaux spécialistes et accentue les délais d'attente. Le coût des pratiques, incluant le personnel, les loyers, l'assurance responsabilité médicale et l'équipement, dépasse largement les remboursements Medicare, plombant les marges des professionnels.

Une situation d'urgence, nécessitant une intervention urgente.
Cleanbill confirme que, malgré des éventuels accords entre patients et spécialistes, ces arrangements ne sont pas toujours accessibles aux nouveaux patients. Plus de 800 000 Australiens, âgés de 15 ans et plus, n’ont pas pu consulter un spécialiste en 2024-25, faute de moyens financiers. La situation est d’autant plus préoccupante pour les populations vivant dans les régions éloignées, où l’accès aux soins est déjà limité.
Il est temps de réformer le système de financement de la dermatologie et d’investir dans les services publics, afin d’assurer un accès équitable à ces soins essentiels. L'heure est à l'action, avant que la crise ne s'aggrave davantage.
