Marseille : beye éteint le feu, mais risque de noyer le club

L'OM, autrefois volcan de passion, s'étouffe sous le joug d'Habib Beye. Le tacticien, censé raviver la flamme, semble l'avoir étouffée, laissant derrière lui un Vélodrome désabusé et une équipe fantomatique. Une stratégie paradoxale, héritée d'une citation de feu Pape Diouf, s'avère aujourd'hui plus néfaste qu'éclairante.

Le mirage de la sérénité face à la fureur marseillaise

Le mirage de la sérénité face à la fureur marseillaise

L'arrivée de Beye, au lendemain du départ tumultueux de Roberto De Zerbi, était censée apporter un calme retrouvé. Il avait alors invoqué les paroles de son « père spirituel », Pape Diouf : « Quand le feu brûle à Marseille, parfois il faut le laisser brûler parce qu’il s’éteindra de lui-même. » Un conseil judicieux, en théorie. Mais à Marseille, le feu est l'essence même du club, son ADN. L'éteindre, c'est risquer de le voir s'éteindre à jamais.

De Zerbi, malgré ses imperfections et son jeu parfois erratique, insufflait une étincelle, une audace. Son équipe, bien que parfois poreuse défensivement, affichait un potentiel offensif indéniable. Beye, lui, a opté pour une approche radicalement différente, privilégiant une prudence excessive qui asphyxie le jeu de l'OM. Le résultat ? Une équipe passive, incapable de rivaliser avec ses adversaires.

Les trois victoires consécutives en mars n'étaient qu'un mirage, masquant une multitude de faiblesses. Le silence glaçant du Vélodrome lors de la victoire 1-0 contre Auxerre, souligné par une banderole accusatrice, en disait long sur la frustration des supporters. Même une victoire face à Lille, acquise grâce à un but tardif d'Olivier Giroud, n'a pas suffi à masquer la fragilité de l'équipe.

La défense, véritable gouffre béant, illustre parfaitement les défaillances de la stratégie de Beye. La magnifique réalisation de Folarin Balogun à Monaco, paradoxalement, est née d'une erreur monumentale de Benjamin Pavard, symbolisant l'errance défensive de l'OM. L'ouverture béante dans la surface lors du but de Golovin, où les joueurs marseillais se sont montrés impuissants, est une illustration supplémentaire de cette passivité fatale.

Et Ethan Nwaneri ? L'ailier prêté par Arsenal, porteur d'un espoir légitime, est relégué au banc des remplaçants. Beye évoque un besoin d'adaptation, mais la réalité est sans doute plus crue : le jeune prodige ne correspond pas à la vision du jeu de l'entraîneur.

Le bilan est sans appel : sept matchs, trois défaites, et une équipe en perte de vitesse. Beye, qui profitait initialement de la bienveillance liée à son passé de joueur emblématique, voit désormais les sifflets résonner au Vélodrome. L'arrivée imminente d'un nouveau président et d'un nouveau directeur sportif ne fera qu'accentuer le sentiment de transience qui règne au club.

Alors que la saison s'apprête à s'éteindre, Beye devrait reconsidérer sa stratégie. Il ne s'agit pas de laisser le feu brûler sans contrôle, mais de l'embraser, de le canaliser, de le transformer en force. Car à Marseille, la passion est un moteur, un carburant, une nécessité. L'étouffer, c'est condamner l'OM à une lente agonie.