Marseille : beye étouffe le feu, une stratégie désastreuse ?

L'OM, autrefois volcan de passion, ressemble aujourd'hui à un brasier maîtrisé, voire éteint. L'heure est à la consternation, et Habib Beye, l'homme chargé de raviver la flamme, semble l'avoir asphyxiée. Ses choix, loin de relancer l'équipe, creusent un fossé grandissant avec les supporters et mettent en péril l'avenir européen du club phocéen.

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L'héritage diouf, un conseil ignoré ?

Récemment nommé entraîneur, Beye avait invoqué les paroles de feu Pape Diouf, ancien président emblématique de l'OM : « Quand le feu brûle à Marseille, parfois il faut le laisser brûler, car il finira par s'éteindre tout seul. » Une sagesse qui suggérait de laisser l'énergie brute, le chaos créatif, se déployer. Or, Beye a opté pour l'inverse, tentant d'imposer un ordre rigide qui étouffe l'essence même de l'Olympique de Marseille.

L'ère Roberto De Zerbi, tumultueuse soit-elle, avait au moins offert des étincelles. Son équipe, imparfaite et souvent incohérente, affichait un potentiel offensif indéniable et une capacité à surprendre. Les faiblesses défensives, certes, étaient criantes, mais elles ne masquaient pas une certaine audace, une volonté de jouer un football attractif. Beye, lui, a choisi la prudence, une voie qui s'avère désastreuse.

Le Vélodrome, autrefois chaudron, est devenu un lieu de silence. Le match contre Auxerre, en mars, en est l'illustration parfaite : quarante-cinq minutes de silence assourdissant, une métaphore d'une saison de humiliations. La victoire, acquise dans la douleur, n'a fait qu'accentuer le malaise.

Les joueurs, habitués à la pression d'un public passionné, semblent désorientés par cette atmosphère morne. L'absence de Nwaneri, jeune prodige prêté par Arsenal, est également éloquente. L'international U19 avait illuminé ses débuts sous De Zerbi, avant de disparaître des terrains sous les ordres de Beye, qui exige trop d'adaptation pour un jeune joueur.

Le match contre Monaco, dimanche, a sonné comme un glas. Le but magnifique de Balogun, résultat d'une erreur grossière de Pavard et Egan-Riley, n'a fait qu'exposer la fragilité chronique de la défense marseillaise. « Trop passif, pas assez d'agressivité », a déploré Beye, mais la réalité est que son équipe manque cruellement d'esprit combatif.

Alors que Paixão et Weah pourraient apporter une solution en contre-attaque, Beye semble vouloir construire une équipe friable et hésitante. Il ne s'agit pas d'ignorer la nécessité d'un jeu organisé, mais de l'intégrer sans étouffer la flamme qui a toujours fait la force de l'OM. Une flamme que Beye, paradoxalement, semble vouloir éteindre.

L'avenir de Beye est incertain. Avec l'arrivée prochaine d'un nouveau président et d'un nouveau directeur sportif, son avenir au club est suspendu. Mais au-delà des considérations politiques, la question est simple : Beye saura-t-il rectifier le tir avant qu'il ne soit trop tard ? Le club, qui a investi massivement ces dernières années, ne peut se permettre de rater une nouvelle fois sa chance pour la Ligue des Champions.