Openai : une montre fine, des ombres longues

L’affaire Altman, loin d’être un simple règlement intérieur, révèle une fracture profonde au sein d’OpenAI. Le titre de l’article du New Yorker, ‘What are the seven most terrifying words in the English language?’ – ‘Ronan Farrow’s been asking questions about you’ – est une déclaration crue, une menace voilée.

Le géant de l’ia, entre ambitions et doutes

L’entreprise, dont la valorisation boursière frôle les 852 milliards de dollars malgré une perte projetée de 14 milliards en 2026, se trouve aujourd’hui au cœur d’une controverse. OpenAI, avec ses centres de données s’étendant à travers le globe et ses implications massives sur le marché du travail, ne se contente plus de développer des algorithmes. Elle façonne désormais l’avenir de la défense, de la police et même des relations internationales.

Selon Farrow, le conseil d’administration d’OpenAI avait déjà des réserves quant à la fiabilité d’ Altman en 2023, le menant à convoquer une ‘war room’ réunissant des experts en communication et des investisseurs influents. Sa réintégration, précipitée sous la pression de Microsoft et la menace d’une mutinerie de ses employés, est le signe d’une dynamique de pouvoir complexe et inquiétante.

Un accord avec le pentagone, un signal troublant

Un accord avec le pentagone, un signal troublant

Le récent accord entre OpenAI et le ministère américain de la Défense, pour l’utilisation de sa Technologie dans des opérations classifiées, est particulièrement préoccupant. Il survient dans un contexte de tensions croissantes autour des implications éthiques de l’intelligence artificielle, notamment avec les inquiétudes exprimées par Anthropic concernant une surveillance de masse et des armes autonomes. La réaction de l’administration Trump, qui avait alors coupé les ponts avec Anthropic – et dont OpenAI a profité – témoigne de la sensibilité de ce dossier.

OpenAI justifie cet accord par des ‘garde-fous’ plus stricts que ceux appliqués lors de l’accord initial avec Pete Hegseth, mais l’ironie est palpable. La confiance du conseil d’administration initialement brisée, la société se retrouve à collaborer avec des acteurs dont les motivations sont loin d’être transparentes. Greg Brockman, l’ancien président de l’entreprise, est notamment un contributeur majeur de 25 millions de dollars à la campagne de financement de Trump – un détail qui mérite d’être souligné.

La démocratie, un pilier de l’ia ?

La démocratie, un pilier de l’ia ?

OpenAI prétend désormais que la ‘collaboration profonde’ avec le processus démocratique est une priorité. Un discours louable, peut-être, mais qui sonne creux face à la révélation de l’implication de Brockman dans un ‘SuperPAC’ pro-IA qui soutient des candidats favorables à une réglementation nationale plutôt qu’à des lois étatiques. Un paradoxe saisissant. La question demeure : qui contrôle réellement le contrôle ?

Rutger Bregman, historien et activiste, appelle à un ‘QuitGPT’, un boycott de l’entreprise. Un signal clair de l’anxiété grandissante face aux risques potentiels de cette Technologie. Il est temps de se poser les questions fondamentales sur le pouvoir, la responsabilité et l’avenir de l’humanité.